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Darfour: deux employés de la Minuad libérés après 107 jours de détention

Afp, 13 Novembre 2009

Darfour: deux employés de la Minuad libérés après 107 jours de détention

Deux employés civils de la force de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) ont été libérés dimanche grâce à une médiation locale avec leurs ravisseurs après 107 jours de détention, ont annoncé la force internationale et les autorités soudanaises.

"Il y a peu de temps, les forces de sécurité soudanaises ont remis les deux employés au chef-adjoint de la Minuad, Mohammed Younis. Ils sont tous les deux en bon état de santé", a déclaré le porte-parole, Noureddine Mezni.

"Ils ont passé 107 jours en captivité", a-t-il souligné.

Le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Mouawiya Othmane, a indiqué que les ravisseurs appartenaient à un groupe "inconnu au Darfour" dont les motifs étaient purement financiers.

Mais, a-t-il précisé, "il n'y a pas eu de rançon payée. Ils ont été libérés après des négociations et la médiation des administrations locales". Les otages, un Nigérian et une Zimbabwéenne, n'ont pas non plus été libérés par la force, a-t-il dit.

Selon M. Mezni, les deux employés ont contacté leurs familles après leur libération et "discutent en ce moment avec les services de sécurité de leur captivité".

"Ils vont se reposer avant de retourner dans leur pays", a ajouté le porte-parole de la Minuad.

Les deux civils avaient été enlevés le 29 août une résidence du personnel de la Minuad à Zalingei, au Darfour ouest. C'était la première fois que des employés de cette mission de paix étaient enlevés depuis son déploiement en janvier 2008 dans cette région où un conflit a fait 300.000 morts selon l'ONU --10.000 d'après Khartoum-- et 2,7 millions de déplacés depuis 2003.

L'enlèvement était survenu deux jours après les déclarations controversées du chef des opérations militaires de la mission, le général nigérian Martin Luther Agwai, qui avait qualifié la guerre civile au Darfour de "conflit de basse intensité". Ces propos avaient été critiqués par deux groupes issus de la rébellion.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait exhorté la semaine dernière le président soudanais Omar el-Béchir à "intervenir directement pour assurer la libération de deux employés de la Minuad", dont les ravisseurs n'étaient pas clairement identifiés

Selon le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirkya, M. Béchir avait alors assuré à M. Ban que "tous les efforts possibles étaient faits", avait-il dit.

Les affrontements entre mouvements rebelles et forces gouvernementales sont beaucoup moins fréquents aujourd'hui qu'au début du conflit, mais de nouveaux problèmes d'insécurité se sont généralisés.

Les enlèvements d'expatriés ou de membres d'ONG se sont également multipliés depuis l'émission en mars d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Béchir.

Après la libération des employés de la Minuad, un employé franco-britannique de la Croix-Rouge Internationale (CICR) enlevé au mois d'octobre est toujours aux mains de ses ravisseurs.

Un groupe du Darfour revendiquant les rapts récents de trois humanitaires français au Tchad et en Centrafrique a menacé de les tuer la semaine dernière.

Les attaques visent également les soldats de la Minuad, qui compte actuellement plus de 18.000 soldats et policiers sur le terrain. Cinq militaires rwandais ont été tués début décembre, portant à 22 le nombre de casques bleus tués au Darfour depuis le déploiement de la force de paix.