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Soudan : Beaucoup reste à faire pour résoudre le problème des enfants soldats

Xinhua, 29 Novembre 2009


Il y a encore beaucoup à faire pour résoudre le problème des enfants soldats au Soudan, bien que des progrès aient été enregistrés ces deux dernières années, a indiqué mercredi la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy.

Mme Coomaraswamy a énuméré les problèmes restant à résoudre, allant de la réintégration des anciens enfants soldats dans la société au traitement des enfants nouvellement enlevés et manipulés pour tuer leurs propres parents.

"J'ai rencontré des enfants rebelles ougandais de l'ARS (Armée de résistance du Seigneur). (...) Si vous les rencontriez vous seriez tout simplement choqués. Il n'y a plus de lumière dans leurs yeux après plusieurs années d'abus. (...) Ces enfants nous ont parlé de terribles abus - sexuels et autres -", a déclaré la représentante spéciale lors d'une conférence de presse tenue à son retour d'une visite d'une semaine au Soudan, où elle a rencontré six enfants.

"Tant moi que mon équipe avons été horrifiés par leur expression, par leur langage du corps. C'est vraiment affreux", a-t-elle indiqué, notant que parfois certains enfants se portent volontaires, mais que ceux de l'ARS sont enlevés.

"Ils sont forcés à rejoindre l'ARS, subissent un lavage de cerveau" et sont menacés de mort s'ils désobéissent, a-t-elle ajouté.

"J'ai visité le Soudan il y a deux ans et je dois dire qu'il y a une certaine amélioration", a-t-elle nuancé.

"Mais malgré ces progrès, force est de reconnaître que nombre de problèmes demeurent. Beaucoup d'enfants font encore partie des groupes armés", a-t-elle renchéri, sans donner de chiffres.

Selon elle, toutes les parties, y compris le gouvernement, sont inscrites sur la liste des groupes qui utilisent les enfants soldats. Lors de sa visite au Soudan, elle a abordé les questions des viols et de l'exploitation sexuelle, des meurtres et de la mutilation des enfants, notamment dans les récents conflits tribaux du sud.

L'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) a accepté de démobiliser les enfants soldats et d'autoriser l'accès à ses camps pour y mener des inspections.

Mme Coomaraswamy a néanmoins souligné que l'un des grands problèmes est la diffrence entre d'un côté les factions du Dafour, dont l'APLS, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), l'Armée de libération du Soudan (ALS) et de l'autre l'ARS, qui, expulsée d'Ouganda, poursuit ses atrocités dans les pays voisins (Soudan, République démocratique du Congo et République centrafricaine).