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L'ampleur croissante de la crise au Darfour n'est pas acceptable, dit M. Obama

America.gov, 11 Mars 2009

Le président Obama et le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, sont convenus de chercher les moyens de mettre fin à la crise humanitaire immédiate au Darfour et d'œuvrer en faveur d'une paix et d'une stabilité durables au Soudan.

Après la délivrance par la Cour pénale internationale d'un mandat d'arrêt à l'encontre du président du Soudan, M. Hassan el-Béchir, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, ce dernier a riposté en ordonnant l'expulsion de son pays du personnel de 13 organismes internationaux d'aide. Ces organismes fournissaient à environ 4,7 millions de Soudanais une aide en matière d'alimentation, d'hébergement et de protection contre les insurgés.

Lors de son entretien avec M. Ban le 10 mars à la Maison-Blanche, M. Obama a déclaré : « La crise risque de revêtir une plus grande ampleur que ce que nous avons déjà observé. Il n'est pas acceptable de mettre en danger la vie d'autant de personnes. »

Selon l'ONU, l'expulsion du personnel des organismes d'aide a paralysé la mise en œuvre de près de la moitié de ses programmes d'aide au Darfour et elle entrave les moyens de satisfaire les besoins humanitaires actuels.

« Il nous faut réussir à faire en sorte que ces organismes d'aide humanitaire puissent retourner sur le terrain », a dit M. Obama.

Les États-Unis, a-t-il dit, tiennent à œuvrer de concert avec l'ONU en vue de mettre fin à la crise actuelle, mais aussi à préparer le terrain pour susciter une stabilité durable dans un pays où la paix ne règne pas depuis des décennies.

Le Soudan est, en effet, en proie à la guerre civile depuis près de quarante ans. Les combats et les famines intermittents ont causé la mort de plus de 2 millions d'habitants, et le nombre des déplacés qui ont trouvé refuge dans d'autres régions du pays ou dans des pays limitrophes atteint plusieurs millions. Les affrontements au Darfour, qui est situé dans la partie ouest du Soudan et dont la taille est à peu près égale à celle de la France, ont commencé en 2003 lorsque deux groupes de rebelles se sont opposés au gouvernement central et ont cherché à obtenir le contrôle de cette partie du pays, ce qui a entraîné une grande crise d'ordre humanitaire.

L'ONU et l'Union africaine ont établi une force commune de maintien de la paix au Darfour, qui n'est cependant pas complète. Les États-Unis apportent un soutien à cette force.

Bien que les États-Unis ne soient pas membres de la Cour pénale internationale et qu'ils n'aient pas adhéré au traité de Rome (2002) portant création de cette cour, ils estiment qu'il convient de traduire en justice les criminels de guerre et que le gouvernement soudanais doit se conformer au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.

« L'ONU et les États-Unis ont des idées et des objectifs communs pour ce qui est de la paix, de la stabilité, du développement et des droits de l'homme », a dit M. Ban à l'issue de son premier entretien avec M. Obama depuis l'entrée en fonction de ce dernier.