Sauver Le Darfour dans le monde

Mettre fin à la violence au Darfour demeure un défi capital pour M. Obama

America.gov, 03 Mars 2009

Quand, en février 2003, des rebelles ont attaqué des forces soudanaises, ils ont provoqué en retour un génocide appuyé par le gouvernement qui a entraîné la mort de plus de 400.000 civils ainsi qu'une crise internationale qui demeure une priorité importante et un défi pour la politique étrangère des États-Unis.

Maintenant que la question du Darfour a été soulevée par de hauts responsables tels que le président Obama, le vice-président Biden, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton et l'ambassadeur des États-Unis à l'ONU, Susan Rice, « il ne fait aucun doute que le gouvernement Obama est absolument déterminé à régler la crise au Darfour et à apporter la paix dans la région », a dit à America.gov, le 20 février, le secrétaire d'État adjoint par intérim pour les affaires africaines, M. Philip Carter.

« Nous y travaillons en aidant surtout au transport des troupes de la MINUAD et en appuyant les pourparlers de paix » qui se tiennent à Doha, au Qatar, entre le gouvernement du Soudan et les mouvements rebelles, a dit M. Carter, qui avait à une époque occupé le poste d'ambassadeur des États-Unis en Guinée.

La MINUAD est la mission Nations unies-Union africaine au Darfour, une force hybride de maintien de la paix, créée en juillet 2007, à laquelle participent des troupes de pays membres de l'Union africaine (UA).

Le soutien du gouvernement américain au Darfour se chiffre à environ 1 milliard de dollars par an, y compris l'assistance humanitaire et l'appui à la MINUAD - dont 25 % des frais sont couverts par les États-Unis, a dit M. Carter.

Le président Obama a récemment exprimé son soutien au Darfour quand il s'est entretenu avec l'acteur George Clooney, qui milite pour la protection des Darfouriens et pour la tenue de négociations pacifiques pour mettre fin à la crise au Soudan. A l'issue de cet entretien, la Maison-Blanche a publié les commentaires suivants sur son site Internet : « Soulager les souffrances dans cette région éprouvée du Darfour est une priorité principale du gouvernement, ont affirmé, hier soir, le président et le vice-président à l'acteur et activiste George Clooney ».

La MINUAD fait ses preuves

La MINUAD a prouvé son efficacité en se dressant face aux forces soudanaises qui menaçaient de bombarder un secteur densément peuplé.

M. Carter a indiqué qu'à Addis-Abéba, un haut responsable soudanais participant à un sommet de l'Union africaine dans la capitale éthiopienne, au début de février, avait dit « que son gouvernement s'apprêtait à demander à la MINUAD de quitter le secteur dit Muhajiriya (au Darfour méridional), pendant qu'il mènerait une campagne de raids aériens. Mais la MINUAD a refusé de se replier. Ils ont maintenu leurs positions et protégé les civils même quand le gouvernement (soudanais) a bombardé les abords de la ville - et un secteur proche de leur propre cantonnement ».

Il s'agissait là « d'un acte déterminé et courageux », a dit M. Carter, étant donné que la MINUAD est « encore en voie de constituer ses capacités et n'opère qu'avec 64 % de ses effectifs, son mandat préconisant un total de 26.000 soldats ».

Tim Shortley, directeur des programmes pour le Soudan au département d'État, est du même avis que M. Carter. « La MINUAD s'est établie au Darfour mais n'a pas encore tous les effectifs nécessaires », a dit M. Shortley à America.gov. Il a fait remarquer que son bureau et d'autres au département d'État ont entamé l'examen de la politique sur le Soudan, ajoutant que la protection des civils vulnérables dans la région est une préoccupation importante du gouvernement Obama et doit le rester.

Mme Rice a mentionné le récent bombardement du Darfour lors d'une conférence de presse tenue le 3 février au siège de l'ONU à New York : « Les États-Unis sont gravement préoccupés par les informations selon lesquelles un raid aérien intense » a eu lieu contre le sud du Darfour. « Le secrétariat de l'ONU a indiqué que 28 bombes ont été larguées, toutes ce matin même à Muhajiriya. Il est clair, donc, que la situation est très inquiétante comme est profondément inquiétant le risque de voir la violence s'intensifier, et le gouvernement continuer à bombarder le secteur et en fait, à poursuivre sa campagne sur le terrain, bien que le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) ne se trouve plus à Muhajiriya », a-t-elle dit. Suite à ces commentaires de Mme Rice, le gouvernement du Soudan a signé un accord avec le MJE, qui est un important groupe rebelle. Cet accord comprend un processus pour aider les réfugiés au Darfour de même que l'engagement de poursuivre les négociations de paix dans la région.

« Nous espérons que ce document représente une étape tangible sur la voie d'un accord-cadre global destiné à régler le conflit du Darfour », a dit le porte-parole du département d'État Gordon Duguid.

Il a ajouté que « les États-Unis appuient ces pourparlers et encouragent toutes les parties, notamment les groupes armés, la société civile et les dirigeants politiques, à œuvrer de concert pour mettre fin à la violence au Darfour et à mettre leurs efforts en commun pour parvenir à la paix ».

L'ambassadeur Carter a dit que l'accord de février et les pourparlers en cours à Doha « commenceront à instaurer la confiance entre les parties au cours des prochaines semaines, ce qui nous permettra de nous asseoir à la table des négociations avec ces deux parties qui seront alors prêtes à discuter d'un accord de paix global, fondé sur l'unité nationale ».