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Crise au Darfour : Mbeki appelle à une approche coordonnée

Walf Fadjri, 01 Novembre 2009


Le chef du Groupe de haut niveau de l’Union Africaine (Ua), chargé du Darfour (Aupd) et ancien président d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, a exhorté l’Union africaine, les Nations Unies et d’autres partenaires internationaux à adopter une approche plus coordonnée face à la crise au Darfour, dans l’ouest du Soudan, a appris Apa jeudi à Abuja. Dans son discours à la 207e session du Conseil de Paix et de Sécurité (Cps) de l’Ua, jeudi à Abuja, M. Mbeki a souligné la nécessité d’intensifier les interactions avec le gouvernement et le peuple soudanais. Il a déclaré qu’il ressortait clairement des conclusions du Groupe spécial que le gouvernement et le peuple du Soudan ont été unis dans la résolution des crises dans l’urgence, car ils croyaient qu’il s’agissait d’une crise politique. Il a ajouté que les recommandations du Groupe comprennent ‘la mise en place d’un tribunal mixte, composé de juges soudanais et étrangers pour statuer sur les crimes commis pendant le conflit’.

Le Groupe d’Experts avait été mis en place par la Commission de l’Ua en Juillet 2008 pour trouver une solution durable à la crise.

Auparavant, le Président du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (Ua) et le président nigérian Umaru Yar’Adua avaient lancé un appel pour mettre rapidement fin à la crise du Darfour au Soudan. Yar’Adua avait dénoncé la violence au Darfour et lancé un défi aux dirigeants africains pour qu’une solution rapide et durable soit trouvée aux problèmes dans l’intérêt du peuple. Il a déclaré que le Conseil procéderait à des délibérations bien élaborées sur les recommandations du Groupe de haut niveau de l’Ua chargé du Darfour (Aupd). Yar’Adua a déclaré que le rapport du Groupe a été une véritable plateforme, compte tenu du volume de travail réalisé à ce jour en vue de parvenir à la paix au Darfour.

Dans son discours, le vice-président soudanais Ali Taha, qui a représenté le président soudanais Omar Al-Bashir, a remercié les dirigeants africains pour leur engagement dans la résolution de la crise. ‘Les Africains devraient être encouragés à résoudre leurs problèmes eux-mêmes’, a-t-il déclaré. Il a félicité la Commission pour ses efforts et a réitéré l’engagement de son gouvernement à mettre en œuvre l’Accord Global de Paix (Cpa), signé à Abuja en 2006. Taha a appelé à davantage de dialogue et suggéré que certaines recommandations formulées par le Groupe, notamment en ce qui concerne le pouvoir judiciaire et le tribunal mixte, soient examinées en profondeur. ‘Certaines recommandations doivent faire l’objet davantage de dialogue. La mise en place d’un mécanisme juridique doit être examiné de très près pour voir sa conformité à la Constitution’, a-t-il ajouté.

Le président de la commission de l’Ua, Jean Ping, a souligné, dans son discours, la nécessité de parvenir à la paix au Soudan pour que l’Afrique avance. Il a exhorté toutes les parties prenantes à argumenter en faveur d’une solution durable aux crises, et a conseillé le gouvernement soudanais pour qu’il considère sa souveraineté comme une responsabilité d’opter pour la paix. Ont pris part à ses assises les chefs d’Etat africains, les délégations du Qatar, de la Chine, de l’Ua, de l’Onu et de la Ligue arabe.

Le Conseil, composé de 15 membres, constitue l’organe suprême de l’Ua, avec des représentants des cinq blocs régionaux de l’Union. Un communiqué devrait être rendu public à la fin du sommet.