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Darfour: les deux humanitaires libérées se préparent à rentrer chez elles

Afp, 19 Octobre 2009

KHARTOUM — Une Irlandaise et une Ougandaise, victimes de la plus longue prise d'otages d'humanitaires étrangers dans le Darfour, se portaient bien lundi après leur libération malgré cette épreuve "difficile" et étaient impatientes de rentrer chez elles.

"Nous sommes heureuses d'être ici", a déclaré l'Irlandaise Sharon Commins, les épaules recouvertes d'une écharpe, à son arrivée tôt lundi matin sur le tarmac de l'aéroport de Khartoum.

"Je suis impatiente de retrouver la famille", a ajouté l'Ougandaise Hilda Kawuki, à la sortie du petit avion qui les a ramenées du Darfour, région de l'ouest soudanais en proie depuis six ans à une guerre civile.

Les deux femmes avaient été enlevées le 3 juillet dans leur bureau à Kutum, au Darfour-Nord, par un groupe d'hommes armés et ont été libérées dans la nuit de samedi à dimanche.

"Ce fut une période très difficile. Je suis épuisée parce que nous n'avons pas pu nous reposer depuis notre libération", a confié dimanche soir Hilda Kawuki dans une déclaration aux médias officiels soudanais depuis El-Facher, la capitale du Darfour-Nord, où elles ont passé la nuit.

"Nous sommes très reconnaissantes envers le gouvernement du Soudan et du peuple soudanais qui a prié pour nous, ce qui a permis à nos familles et à nous-mêmes de rester fortes" dans cette épreuve, a ajouté Sharon Commins.

L'ex-otage irlandaise a remercié les autorités soudanaises, irlandaises et ougandaises d'avoir collaboré à leur libération. "Sans eux nous serions encore là-bas", a-t-elle dit dimanche soir aux médias officiels soudanais.

A leur arrivée à Khartoum lundi matin, les deux femmes ont été transportées à l'hôpital militaire pour passer des examens de santé qui se sont bien déroulés selon un responsable consulaire.

Sharon Commins doit rentrer en fin de journée à Dublin à bord d'un avion du gouvernement irlandais, alors que Hilda Kawuki doit s'envoler en soirée pour l'Ouganda, via le Kenya.

Les autorités impliquées ont affirmé ne pas avoir payé de rançon en échange de la libération des deux femmes, victimes de la plus longue prise d'otages d'humanitaires étrangers au Darfour depuis le début du conflit en 2003.

"Nous ne voulions pas payer de rançon parce que nous ne souhaitions pas encourager (les ravisseurs). C'est pourquoi la prise d'otage s'est prolongée", a déclaré lundi lors d'une conférence de presse à Khartoum le ministre d'Etat soudanais aux affaires humanitaires Abdel Baqi Gilani.

Les autorités soudanaises ont affirmé que les auteurs de ce rapt n'allaient pas bénéficier d'une amnistie, mais n'ont pas donné plus de détails sur un éventuel procès ou une peine.

"Les gens des services de sécurité, les gens au niveau de l'Etat (du Darfour-Nord) ont identifié le nom, la famille et la tribu des ravisseurs. Alors, ils ne pourront pas échapper à une peine", a ajouté le ministre soudanais.