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Rencontre Sarkozy-Béchir sur la crise du Darfour samedi à Doha

Afp, 26 Novembre 2008

Le président Nicolas Sarkozy s'entretiendra de la crise du Darfour avec le président soudanais Omar el-Béchir samedi à Doha, en marge d'une réunion de l'ONU sur le financement du développement, a-t-on appris mercredi auprès de l'Elysée.

Cet entretien se déroulera en présence de l'hôte de la réunion, l'émir du Qatar cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, qui a récemment proposé sa médiation pour tenter de favoriser une issue au conflit qui ravage la province soudanaise du Darfour depuis 2003, a-t-on précisé.

"Le président souhaiterait vraiment relancer les efforts (de paix) avec l'aide du Qatar puisque le Qatar s'engage (...) Que les pays arabes veuillent pousser dans le sens d'un accord est pour nous très positif", a-t-on indiqué dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

"Je ne pense pas qu'il y ait d'offre sur la table (lors de cette réunion), il s'agira surtout de passer des messages", a ajouté la même source.

Entre autres "messages", le chef de l'Etat français répétera sa proposition de suspendre la procédure de justice visant le président Béchir, accusé par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de "génocide" au Darfour, en échange notamment de sa coopération pour résoudre ce conflit.

"Nous attendons des développements de la part de Khartoum sur les sujets liés à la CPI. On les attend toujours, on maintient la pression et le président le dira au président Béchir", a-t-on indiqué à l'Elysée.

M. Sarkozy avait déclaré en septembre que si le Soudan changeait "radicalement" de politique, il n'était pas opposé à une suspension des poursuites envisagées contre Omar el-Béchir. Il avait notamment demandé à ce que "des gens qui sont accusés de génocide ne restent pas ministres dans le gouvernement soudanais".

Nicolas Sarkozy devrait également rappeler à son interlocuteur qu'il souhaite "que le calme continue à régner" entre le Soudan et le Tchad voisin, selon la même source.

Le Soudan avait rompu en mai ses relations diplomatiques avec le Tchad après une attaque de rebelles du Darfour visant Khartoum, affirmant que N'Djamena était derrière ce raid.

Le Tchad soutient, lui, avoir subi 28 attaques venues du Soudan, dont celle des 2 et 3 février 2008, au cours de laquelle des rebelles avaient investi sa capitale et étaient à deux doigts de renverser le président Deby.