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Soudan: un chef rebelle du Darfour condamné à mort

Afp, 17 Août 2008

Un tribunal soudanais a condamné à mort dimanche un chef rebelle du Darfour et sept autres membres de la rébellion, portant à 38 le nombre de rebelles condamnés à la pendaison pour une attaque sans précédent contre Khartoum qui avait fait 222 morts en mai.

Abdelaziz Achr, demi-frère (BIEN demi-frère) du chef du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), Khalil Ibrahim, et sept autres membres présumés du groupe ont été condamnés à mort après un procès devant une cour spéciale à Khartoum.

Ils ont été reconnus coupables, en vertu de la loi criminelle et de la législation anti-terroriste, d'implication dans l'attaque contre Khartoum. Ils ont deux semaines pour faire appel.

A l'annonce du verdict, les accusés ont crié des slogans contre le gouvernement, ainsi que leurs proches à qui les autorités avaient interdit d'assister à l'audience, selon un journaliste de l'AFP.

L'avocat de la défense Kamal Omar a estimé que les peines prononcées dans cette affaire compliquaient les efforts pour parvenir à un règlement du conflit du Darfour.

"Nous allons faire appel mais notre appel n'aura aucun sens. Le juge soudanais n'est pas indépendant", a-t-il dénoncé à l'AFP.

Selon la loi soudanaise, toute condamnation à mort doit être ratifiée par une cour d'appel et la Cour suprême. Ensuite, elle doit être approuvée par le président Omar el-Béchir.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé le 14 juillet un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour "génocide" au Darfour où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Trente personnes ont déjà été condamnées à mort par des tribunaux spéciaux pour implication dans l'attaque du JEM contre Khartoum.

A la suite de ces procès, les Nations unies se sont dites inquiètes du fait que "le processus judiciaire pourrait ne pas avoir respecté les normes internationales".

"La mission des Nations unies au Soudan (Unmis) est préoccupée (car) le processus judiciaire pourrait ne pas avoir respecté les normes internationales", avait affirmé Ashraf Qazi, représentant spécial au Soudan du patron de l'ONU Ban Ki-moon.

Les avocats de la défense estiment que les tribunaux spéciaux sont anticonstitutionnels et ne garantissent pas les droits de leurs clients.

Les rebelles du JEM, le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003, avaient lancé le 10 mai une attaque sur Omdurman avec pour objectif de marcher sur la capitale. Ils avaient été repoussés par les forces gouvernementales à l'issue de violents combats.

Les autorités ont procédé après cette attaque qui a fait plus de 220 morts à des dizaines d'arrestations.

Khartoum a également offert une récompense de 250.000 dollars contre des informations sur la localisation de Khalil Ibrahim, ou sa capture.