Sauver Le Darfour dans le monde

Au Darfour, le génocide continue

La Grande Époque , 06 Janvier 2005

Nairobi. Après 21 ans de guerre civile au Soudan, un accord global de paix devrait être signé début 2005, entre le gouvernement de Khartoum et la rébellion sudiste. Une guerre qui a fait plus de 1,5 million de morts et plus de 4 millions d’habitants déplacés de force oppose le nord arabo-musulman au sud à majorité chrétienne et animiste. Les deux parties en conflit s’étaient engagées auprès de l’ONU à conclure un accord d’ici la fin de l’année.
Pourtant cet accord et les discussions en cours ne tiennent pas compte d’un drame encore plus grave : celui du Darfour qui dure pourtant depuis février 2003. Ce conflit qui a pris place dans la partie désertique du Soudan et qui oppose les troupes soudanaises soutenues par leurs milices Janjawids aux rebelles a fait plus de 70 000 morts et 1,6 millions de réfugiés. Ces milices Janjawids continuent de massacrer, tuer, violer et raser des villages entiers. La majorité des victimes sont des civils.

Depuis des mois, plus de 3 millions de réfugiés sont parqués dans des sites gardés par ces mêmes Janjawids qui les persécutent. Plus de 1000 personnes meurent par jour faute de soins, de nourriture ou de protection. La priorité constitue donc à protéger tous ces civils de leurs assaillants en leur offrant des abris, de la nourriture et des soins nécessaires à leur survie. Si rien n’est fait, ce sont plus de 3 millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui seront condamnés à une mort certaine.

Avant que ne survienne le désastre du tsunami, la question du Darfour constituait la crise humanitaire la plus grave dans le monde. En septembre 2004 , lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, devant les 191 Etats membres et 90 chefs d’Etat, Kofi Annan avait fait part de son inquiétude en rappelant à toute l’assistance que cette affaire ne concernait pas seulement les Africains mais bien le monde entier car « les victimes sont avant tout des êtres humains », leurs droits devraient être « sacrés pour nous tous » et d’ajouter : « Nous avons le devoir de faire tout ce que nous pouvons pour les sauver et de le faire maintenant. »

Mais que faire face à une telle situation ? Les forces déployées par l’Union africaine (900 observateurs et 3500 soldats) restent insuffisantes devant l’ampleur du drame. Seule une action internationale de grande envergure pourrait sauver la situation. Seule un force armée pourrait mettre un terme à ce véritable génocide en protégeant et en escortant tous ces réfugiés jusqu’à leur terre pour qu’il puissent enfin y retrouver la paix.