Sauver Le Darfour dans le monde

Vers une poursuite pour génocide du président soudanais

Afrique En Ligne, 12 Juillet 2008


L'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdlahaleem, a déclaré vendredi à New York, que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo "jouait avec le feu" à propos de son intention de poursuivre pour génocide le président soudanais, Omar El Beshir.

En réagissant aux déclarations de M. Moreno-Ocampo, l'ambassadeur a déclaré à la PANA, que "si l'ONU est sérieuse concernant son engagement au Soudan, elle doit demander au procureur d'arrêter sous peine que son action ait de graves répercussions".

Il a qualifié la décision du procureur Moreno-Ocampo "d'irresponsable", en avertissant que l'annonce des charges retenues contre M. El Beshir ou d'autres hauts responsables "détruirait" les efforts internationaux visant à parvenir à un règlement pacifique dans l'ouest du Darfour.

"Comment lui ou la Cour peuvent-ils faire cela, quand nous ne sommes pas signataires de la Convention établissant le tribunal, et qu'ainsi rien ne nous oblige à lui rendre des comptes", s'est demandé M. Abdlhaleem.

L'ambassadeur a également conseillé à la CPI de permettre la résolution de cette crise par la voie de la paix et du dialogue.

M. Abdalhaleem a également déclaré à la PANA que les rebelles étaient responsables de l'attaque contre les casques bleus de l'ONU et a insisté sur le fait que les forces soudanaises n'engageront jamais de représailles contre les soldats de la paix étrangers.

La PANA rapporte que le mandat d'arrêt de la CPI, qui doit être lancé lundi prochain, sera le premier du tribunal de La Haye contre un chef d'état en exercice pour génocide et crimes contre l'humanité.

"Je présenterai mes arguments et mes preuves aux juges de la CPI et ils prendront deux ou trois mois pour se décider", a déclaré M. Moreno-Ocampo.

Cependant, certains officiels de l'ONU se sont déclarés préoccupés par le fait que cette décision pourrait compliquer le processus de paix au Darfour, où des centaines de milliers de personnes sont mortes après cinq ans de conflit.

Ces officiels estiment que l'action de M. Moreno-Ocampo pourrait entraîner une réaction militaire des forces soudanaises ou de leurs alliés contre les 9.000 soldats de la force hybride de l'ONU et de l'UA au Darfour.

Au moins sept soldats de la paix ont été tués et 22 autres blessés mardi dans une embuscade.

Les observateurs de l'ONU et internationaux estiment qu'au moins 200.000 personnes ont été tuées au Darfour et 2,5 millions déplacées depuis qu'une rébellion a éclaté dans cette région en 2003.

Mais Khartoum affirme que "seulement" 10.000 personnes ont été tuées.

La PANA rappelle que l'année dernière, la CPI a lancé des mandats d'arrêt contre deux suspects soudanais, un ministre du gouvernement Ahmad Harun et un commandant de milice, Ali Kushayb.

Khartoum a refusé de les livrer.