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Crimes de guerre : le Soudan ne livre pas les suspects

Nouvel Observateur, 04 Juin 2008

L'ambassadeur soudanais aux Nations unies a déclaré "Nous ne sommes pas membres de la Cour pénale internationale. Ils n'ont aucune juridiction sur nous", alors que celle-ci a émis deux mandats d'arrêt pour les exactions commises au Darfour.

Le Soudan a refusé mercredi 4 juin de livrer deux suspects de crimes de guerre au Darfour à la justice internationale alors qu'une mission du Conseil de sécurité de l'ONU se trouve à Khartoum.

Une trentaine d'ONG internationales des droits de l'homme avait exhorté cette mission à faire pression sur le Soudan pour que les deux suspects soient enfin remis à la Cour pénale internationale (CPI), basée à la Haye.
Il y a plus d'un, le 27 avril 2007, la CPI avait émis des mandats d'arrêt contre le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et le chef des Janjawids, milices arabes alliées de Khartoum, Ali Kosheib.
Le collectif "Justice pour le Darfour" a estimé dans un communiqué que la mission du Conseil de sécurité "devrait faire pression sur le Soudan pour qu'il livre les suspects de crimes de guerre Ahmed Haroun et Ali Kosheib" à la CPI.

La délégation de l'ONU en visite au Darfour

Deux prix Nobel de la Paix, Jody Williams et Shirin Ebadi, se sont associés au texte.
En tournée dans plusieurs pays africains, une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité était mercredi à Khartoum pour des rencontres avec des responsables soudanais, notamment sur la crise du Darfour (ouest).
Jeudi, elle doit se rendre au Darfour alors que le procureur général de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, révélera le même jour des informations sur un second dossier contre des responsables présumés de crimes dans cette région ravagée depuis 2003 par une guerre civile.

Mais l'ambassadeur soudanais aux Nations unies, Abdelmahoud Mohamad, a déclaré mercredi à la presse que Khartoum n'extraderait jamais aucun Soudanais pour qu'ils comparaissent devant la CPI.
"Nous ne sommes pas membres de la CPI. Ils n'ont aucune juridiction sur nous. Nous ne n'enverrons jamais de citoyens soudanais à la Haye", a-t-il dit.
Les deux suspects sont sous le coup de 51 chefs d'accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, à savoir des meurtres, des persécutions, des actes de torture, des viols et des déplacements forcés.

Ahmed Haroun demeure le ministre des Affaire humanitaires du Soudan. En octobre 2007, le gouvernement soudanais a annoncé qu'Ali Kosheib avait été remis en liberté faute de preuves contre lui.