Sauver Le Darfour dans le monde

"Je voulais sauver des enfants"

Belga/7sur7, 24 Avril 2008

Dans un livre présenté jeudi à Bruxelles, Jacques Wilmart, le pilote belge impliqué dans l'affaire de l'Arche de Zoé, revient sur son expérience de ces derniers mois et sur sa passion de l'aviation qui l'a amené à s'investir dans l'humanitaire.

En octobre 2007, la police tchadienne interpellait plusieurs membres de l'association française l'Arche de Zoé à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour en guerre civile.

Quelques jours après, ils allaient être inculpés d'enlèvement de mineurs et d'escroquerie et Jacques Wilmart allait également être incarcéré pour complicité. Le pilote a été libéré et rapatrié le 9 novembre. Fin mars, le président tchadien Idriss Déby accordait une grâce aux membres de l'Arche de Zoé. "Derrière cette mission je n'ai vu qu'une seule motivation: sauver des enfants d'un pays en guerre pour les mettre temporairement à l'abri et cela par pur idéalisme et générosité", écrit le pilote.

Le livre débute par le procès de Créteil en France, le 28 janvier dernier, où s'est rendu Jacques Wilmart. Une peine de substitution de huit ans de prison avait été accordée aux membres de l'Arche de Zoé. L'auteur fait ensuite un retour en arrière pour évoquer ses premiers contacts en septembre 2007 avec l'ONG qu'il connaissait alors sous le nom de "Children Rescue" et les motivations qui l'ont poussé à accepter une telle mission.

Plus loin, Jacques Wilmart relate les journées écoulées entre son arrivée le 3 octobre à Ndjamena, la capitale du Tchad, et son arrestation le 28 du même mois. Il aborde ensuite brièvement son passage en prison et son retour en Belgique.

Dans le troisième chapitre, l'auteur analyse l'expérience vécue avec un peu plus de recul et dans les deux derniers il revient sur quelques moments de sa vie avant cet épisode tchadien, son expérience dans l'aviation et son attirance pour l'humanitaire.

Jeudi, Jacques Wilmart a notamment indiqué qu'il avait bien plus souffert des retombées de l'affaire et notamment de la souffrance de ces enfants que de son séjour en prison. Commentant le sort réservé aux membres de l'Arche de Zoé, M. Wilmart déplore que la France ait laissé certains de ses citoyens se faire traiter de pédophiles et de trafiquants de dons d'organes.

Quant à la justice tchadienne, si cet Etat africain est présenté comme un Etat de droit, Jacques Wilmart réfute cette appellation pour un pays qui pratique encore la torture. L'homme a reconnu qu'il restait encore des "zones d'ombre" dans cette affaire et que s'il y avait quelque chose que l'on pouvait reprocher à Eric Breteau, chef de mission à l'Arche de Zoé, c'est d'avoir voulu garder secret, auprès du personnel tchadien, la finalité de la mission.

"Cette histoire m'a coûté très cher. J'en suis ressorti brisé, affaibli. Et tous les jours, je subis encore des conséquences de cette affaire. Je ne parviens pas encore à évacuer toute cette affaire de ma tête. J'ai une énorme colère en moi. Et le fait que les membres de l'Arche de Zoé soient sortis de prison ne l'apaise qu'en partie", confie-t-il dans la conclusion de son ouvrage.

"Ce livre va sans doute encore m'attirer des ennemis, voire des détracteurs anonymes, car j'ai mon franc-parler j'ose dénoncer les choses", avertit-il encore. "Arche de Zoé, la vérité du pilote" est édité chez Luc Pire et est en vente au prix de 16 euros. Il sortira en France le 15 mai.