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Arche de Zoé: Breteau dit avoir rencontré un conseiller de l'Elysée, qui dément

Afp, 08 Avril 2008

L'Elysée a catégoriquement démenti mardi que l'une des conseillères du président Nicolas Sarkozy, Catherine Pégard, ait eu "le moindre contact" avec le président de l'Arche Zoé Eric Breteau, ainsi qu'il l'a affirmé dans plusieurs médias.

"La présidence de la République dément formellement que Mme Catherine Pégard, conseiller du président de la République, ait eu le moindre contact avec M. Eric Breteau", indique-t-elle dans un bref communiqué.

Libéré la semaine dernière, M. Breteau s'en est pris lundi au gouvernement dans plusieurs médias. A France-Info il a affirmé avoir rencontré "un assistant direct de Catherine Pégard, qui est une conseillère très proche du président Nicolas Sarkozy".

Il a assuré au journal Le Figaro que son opération visant à rapatrier des enfants africains en France avait été encouragée à l'été 2007 "par des conseillers de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner". "Il était même prévu que Cécilia Sarkozy et Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les 103 enfants à l'aéroport de Vatry", dans la Marne, a-t-il ajouté. La ministre de la Justice Rachida Dati a formellement démenti mardi.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a indiqué mardi que son ministère étudiait la possibilité d'engager des "poursuites" contre M. Breteau.

"Nous nous gardons (...) la possibilité de toutes les réflexions et de toutes les poursuites", a dit M. Kouchner lors d'un point de presse où il a été interrogé sur des accusations de M. Breteau formulées devant plusieurs médias et qui seraient contenues dans un livre à paraître prochainement.

"Pour le moment, je n'ai pas vu ce que M. Breteau a dit, mais je sais qu'il a brandi un livre que nous nous sommes efforcés de nous procurer ce matin, ce qui n'était pas possible".

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que "l'opération menée au Tchad sous le nom de l'organisation +Children Rescue+ a été dissimulée de bout en bout dans sa finalité", faisant référence à l'adoption de ces enfants par les familles d'accueil en France.

"Le ministère des Affaires étrangères et européennes a toujours exprimé son opposition au projet présenté par les responsables de l'Arche de Zoé. Nous avons tenté de dissuader cette association de le mettre à exécution", a-t-il assuré.

Le Quai d'Orsay a répété qu'il avait "saisi la justice pour +faits d'exercice illicite de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption+".

Le président de l'Arche de Zoé et cinq Français de son association, graciés par le président tchadien Idriss Deby après une condamnation à 8 ans de prison pour cette tentative d'exfiltration de 103 enfants, ont été libérés le 31 mars des différentes prisons françaises où ils purgeaient leur peine.

Dans une procédure judiciaire distincte à Paris, quatre d'entre eux, dont Eric Breteau, ont été mis en examen pour "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France", un délit passible d'un an de prison.