Sauver Le Darfour dans le monde

Roméo Dallaire ne mâche pas ses mots

Radio Canada, 04 Avril 2008

Le général à la retraite et sénateur libéral Roméo Dallaire ne croit pas qu'il faille boycotter les Jeux olympiques de Pékin, mais plutôt en profiter pour embarrasser la Chine, notamment sur ses politiques en Afrique et son implication dans le conflit au Darfour.

L'ex-général canadien, qui dirigeait les forces de l'ONU au Rwanda lors du génocide de 1994, n'a pas mâché ses mots à l'endroit de Pékin, jeudi, lors d'une entrevue sur les ondes de la radio de Radio-Canada à Rimouski.

Visiblement irrité par les ventes d'armes chinoises aux belligérants dans le conflit qui embrase le Darfour depuis des mois, Roméo Dallaire a été véhément à l'endroit du comportement du gouvernement chinois en Afrique.

« Pire que les empires colonisateurs »

« Il sont le pays le plus rapace. Je les considère comme des vautours de l'Afrique, pires que les empires colonisateurs. Ils n'ont absolument aucun respect pour aider à développer, à soutenir, à améliorer ces pays-là. Ils ne sont là que pour prendre », a déclaré le sénateur libéral.

Le sénateur Dallaire a, du même souffle, dénoncé le rôle que joue Pékin dans la crise au Darfour: « Au Darfour, ils ont besoin de [pétrole]. Ils leur vendent des armes en sachant qu'elles vont être utilisées contre les Darfouriens et ça ne leur fait rien »

Se servir des Jeux contre la Chine

Interrogé sur les moyens de faire pression sur le gouvernement chinois pour l'amener à réviser sa politique étrangère en Afrique, Roméo Dallaire a répondu qu'il ne fallait pas boycotter les Jeux. Le sénateur propose au contraire de s'y présenter et d'utiliser l'événement pour embarrasser le gouvernement chinois sur son comportement au Darfour.

« Les olympiques, allons-y! Mais à chaque fois, rendons-les humbles. Il faut les humilier, ces Chinois-là, devant le monde entier - Roméo Dallaire »

Conscient de l'impact que pourraient avoir ses propos, le sénateur Dallaire a dit ne pas vouloir créer de frictions entre la Chine et le Canada, mais il veut faire réagir les deux pays afin d'amener Pékin à modifier ses politiques. Roméo Dallaire a toutefois pris soin de rappeler qu'il s'agissait de son opinion personnelle et que ses paroles n'engageaient en rien les positions du Parti libéral du Canada.Madeleine Blais-Morin rapporte les propos vitrioliques du général Dallaire contre la Chine.