Sauver Le Darfour dans le monde

Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère

Afp, 28 Mars 2008

La mort d'un soldat français des forces spéciales survenue début mars dans un accrochage avec des éléments armés au Soudan était due à une "succession d'erreurs" et non à une "faute" dans les ordres donnés ou leur exécution, a indiqué jeudi l'état-major des armées.

Selon le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major, une "enquête de commandement" conduite par le général Patrick Paimbault au Tchad voisin a "relevé une succession d'erreurs mais pas de faute ou d'actions qui auraient été conduites en contradiction avec des ordres reçus".

Le porte-parole du ministère Laurent Teisseire a indiqué pour sa part que l'enquête du général Paimbault, inspecteur des forces en opération, "confirmait l'erreur de positionnement géographique" évoquée par les premiers témoignages.

Selon ceux-ci, le sergent Gilles Polin et un second soldat des forces spéciales qui était parvenu à s'enfuir avaient pénétré par mégarde en territoire soudanais le 3 mars.

Interrogé sur la nature des éléments armés qui avaient ouvert le feu sur les deux soldats français, le commandant Prazuck a indiqué que les informations recueillies par le général Paimbault au Tchad ne permettaient pas d'affirmer "qu'ils étaient des soldats réguliers ou des coupeurs de routes".

Le commandant Prazuck a toutefois relevé que le groupe des forces spéciales françaises qui avait tenté ensuite d'aller chercher le corps du sergent Polin avait été pris sous "des tirs de mortiers".

Ces "moyens lourds ne correspondent pas à ce qu'on trouve habituellement dans les bandes de coupeurs de route", a-t-il noté, estimant qu'ils avaient affronté "une force organisée".

Il s'agit de "déductions et non de preuves flagrantes que le général Paimbault n'a pas obtenues", a cependant souligné le commandant Prazuck.

Sur les circonstances de la mort du sergent Polin, il a précisé que "trois personnes" avaient "ouvert le feu à bout portant" sur lui au moment où il quittait son véhicule.

Les autorités soudanaises avaient affirmé avoir retrouvé son corps plusieurs jours plus tard.

Les deux soldats français menaient une missions "d'éclairage" sous drapeau de l'Eufor Tchad-RCA, une force européenne destinée principalement à protéger quelque 450.000 réfugiés soudanais du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains.