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Soldat français tué au Soudan: Sarkozy "condamne" une violence "disproportionnée"

Afp, 07 Mars 2008

Le président Nicolas Sarkozy a "condamné" vendredi "l'usage délibéré et disproportionné de la force" après la mort d'un soldat français de l'Eufor Tchad-RCA, tué lundi lors d'un accrochage au Soudan.

M. Sarkozy "condamne avec la plus grande fermeté l'usage délibéré et disproportionné de la force à l'encontre de soldats de l'Eufor", déclare la présidence de la République, dans un communiqué.

Ces soldats, souligne-t-elle, "remplissent une mission de protection humanitaire au profit des populations réfugiées du Darfour et des populations tchadiennes déplacées".

M. Sarkozy "demande aux autorités soudanaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas", poursuit l'Elysée, en précisant que "la dépouille du sergent Polin de l'opération Eufor, porté disparu lundi dernier, vient d'être formellement identifiée".

"Le président de la République s'associe pleinement à la douleur de sa famille et de ses proches, et leur adresse ses condoléances attristées", ajoute la présidence.

Selon l'état-major des armées, un avion militaire français a quitté Khartoum vendredi après-midi pour Paris avec le corps du sergent Gilles Polin à son bord. Agé de 28 ans, il appartenait au 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMA), un régiment des forces spéciales stationné à Bayonne.

Dans des termes très similaires à ceux du président de la République, le ministre de la Défense Hervé Morin a également "condamné la violence disproportionnée et injustifiée" employée contre le soldat tué et un deuxième militaire français de l'Eufor, légèrement blessé dans l'accrochage et qui était parvenu à s'enfuir.

"L'identification formelle (du sergent Polin) a été réalisée, dans la matinée à Khartoum, par une mission composée d'un membre de notre ambassade, un médecin militaire français, un officier de police judiciaire et d'un officier de l'Eufor Tchad-RCA", a précisé le ministre dans un communiqué.

Réaffirmant que "le véhicule dans lequel se trouvaient les deux sous-officiers français de l'Eufor a franchi par inadvertance la frontière entre la république du Tchad et le Soudan", M. Morin affirme que "les personnes" qui tenaient le point de contrôle placé sur leur route "ont ouvert le feu sans sommation".

"A aucun moment", les deux militaires français n'ont "fait preuve d'hostilité ou d'agressivité", enchaîne le ministre, qui demande lui aussi "instamment que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès".

"C'est toute la communauté de défense qui est en deuil", poursuit-il, "s'inclinant devant la mémoire de ce sous-officier français des forces spéciales qui a donné sa vie pour la protection de populations civiles".

Mardi, au lendemain de l'incident, M. Morin avait affirmé que les deux soldats français s'étaient retrouvés face à des "forces armées, a priori soudanaises".