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La Chine se dit prête à aider à mettre fin au conflit au Darfour

Afp, 24 Février 2008

L'envoyé spécial de la Chine au Soudan, Liu Guijin, a affirmé dimanche que son pays était prêt à aider à mettre fin au conflit au Darfour, avec en toile de fond les critiques internationales croissantes envers Pékin pour son soutien au régime de Khartoum.

M. Liu se trouve dans la capitale soudanaise pour des entretiens de haut niveau, alors que l'ONU a exprimé son inquiétude après avoir reçu des informations sur de nouvelles violences au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile.

"La Chine est prête à coopérer avec le gouvernement du Soudan, l'ONU, l'Union africaine, les pays de la région et tous les autres acteurs" pour tenter de mettre fin au conflit, a-t-il affirmé à la presse.

"Du côté du gouvernement chinois, nous sommes prêts à donner un coup de main", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, Deng Alor Kuol.

Liu Guijin a estimé qu'il était important de ne pas "politiser" les "problèmes techniques" entravant le déploiement de la mission de paix hybride ONU-UA au Darfour (Minuad).

D'après lui, des progrès ont été enregistrés dans le déploiement de cette force actuellement en sous-effectif.

"Le gouvernement et le peuple chinois sont prêts à faire (leur) propre contribution positive et constructive pour une solution au problème du Darfour", a-t-il dit, appelant à un "effort global" et une couverture médiatique équilibrée.

M. Liu a l'intention de se rendre au Darfour mardi, date considérée par la plupart des experts comme marquant le cinquième anniversaire du conflit.

Rodolphe Adada, le chef de la Minuad, et Ameerah Haq, la coordinatrice humanitaire de l'ONU au Soudan, ont signé un communiqué conjoint dans lequel ils expriment leur inquiétude après de nouveaux bombardements au Darfour dimanche.

"La Minuad a reçu des informations ce matin sur des bombardements aériens dans la zone de Jebel Moon, dans l'ouest du Darfour. Nous sommes extrêmement inquiets pour la sécurité des milliers de civils présents dans cette zone", ont affirmé les deux responsables de l'ONU.

"Il est impératif que les civils soient tenus à l'écart des violences et pour cela, tout combat doit cesser immédiatement. Les risques à ce stade pour les civils sont élevés, de manière inacceptable", ont-ils ajouté.

Le chef de la diplomatie soudanaise a pour sa part affirmé aux journalistes que Khartoum ne voulait pas que la Chine pâtisse de ses liens étroits avec le Soudan.

"La Chine n'est pas directement impliquée dans ce qui se passe au Darfour", a affirmé M. Alor, disant en outre que le Soudan travaillait à améliorer ses relations avec l'Occident.

La Chine est un partenaire économique majeur du Soudan, qui lui achète des armes et lui vend du pétrole. Ses liens avec Khartoum sont perçus comme un frein aux efforts internationaux pour faire pression sur le gouvernement soudanais au sujet du Darfour.

Le Darfour est ravagé depuis cinq ans par un conflit qui a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de 2 millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.