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Tchad: Bernard Kouchner se félicite de la reprise du déploiement de l'Eufor

Afp, 14 Février 2008

Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est félicité mardi de la reprise du déploiement de la force européenne au Tchad, chargée de sécuriser les réfugiés du Darfour, qu'il a qualifiée de "grande victoire pour le maintien de la paix".

"Cela a repris aujourd'hui, le premier avion a atterri avec des forces spéciales suédoises", a-t-il déclaré, exprimant l'espoir que ce déploiement serait achevé "à la fin du mois ou au début de mars".

"C'est une grande victoire pour le maintien de la paix", a-t-il dit.

L'opération vise à déployer quelque 3.700 soldats dont 2.100 Français, dans l'est du Tchad et dans le Nord-est de la Centrafrique pour protéger 450.000 réfugiés du Darfour (ouest du Soudan, voisin du Tchad) et déplacés tchadiens et centrafricains.

M. Kouchner s'adressait à la presse à New York après un entretien avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors duquel il a indiqué avoir abordé les dossiers du Tchad, du Darfour, du Kenya et de la protection des enfants dans les conflits armés.

Le déploiement de la force expéditionnaire européenne au Tchad et en Centrafrique, l'Eufor Tchad-RCA, qui venait à peine de démarrer, avait été suspendu le 1er février, trois jours après le lancement par les rebelles tchadiens de leur attaque contre le gouvernement de N'Djamena depuis la frontière soudanaise.

Après avoir été au bord de la défaite, les rebelles étant entrés dans N'Djamena, le président tchadien Idriss Déby Itno a réussi à reprendre le controle de la situation.

M. Kouchner a de nouveau souligné que les forces françaises présentes au Tchad aux termes d'un accord "de coopération militaire" et non "de défense", n'étaient "pas intervenues dans la bataille".

Il a confirmé que le dispositif français "Epervier" s'était contenté, conformément à l'accord de coopération, de fournir "du renseignement" au gouvernement Déby, de défendre l'aéroport car "c'est là qu'on évacuait les personnels du HCR, les Français et tous les étrangers", et d'évacuer les ambassades d'Allemagne et des Etats-Unis, "qui étaient sous les bombes".

"Pour la première fois dans l'histoire de la France, nous n'avons pas pris parti dans une lutte africaine", a insisté le ministre.

A propos de trois opposants tchadiens qui ont été arrêtés, M. Kouchner a indiqué avoir demandé des explications à N'Djamena. "Je veux des explications (pour leur arrestation) et s'il n'y a pas d'accusations contre eux, qu'ils soient relâchés. C'est très clair", a-t-il dit.