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Darfour: liberté de mouvement pour la Minuad

Bbc Afrique, 11 Février 2008

La force hybride (ONU-UA) de maintien de la paix au Darfour aura une liberté totale de mouvement. C'est du moins ce que prévoit un accord signé avec le gouvernement soudanais. Khartoum autorisera les vols de nuit au-dessus de la province, et les 9000 hommes du contingent pourront se rendre librement dans n'importe laquelle partie du territoire.
Toutefois, les autorités soudanaises refusent toujours le déploiement de certaines unités non africaines pourtant appelées à jouer un rôle important au sein de la force, et pour l'instant un tiers seulement de ses effectifs sont en place.

La mission, baptisée Minuad, doit compter 26.000 soldats d'ici la fin de l'année -ce qui en fera le plus important contingent déployé par l'ONU- mais elle s'est heurtée à une série d'obstacles créés par le gouvernement soudanais.

Une région vaste et aride

Un accord sur son fonctionnement a été signé le 9 février à Khartoum entre le ministre soudanais des affaires étrangères Deng Alor et le chef de la mision aficaine au Soudan, le Congolais Rodolphe Adada.

Rappelons que le conflit au Darfour, qui a commencé il y a cinq ans environ, a fait au moins 200.000 morts. Par ailleurs, 2 millions de personnes ont été déplacées.

L'accord prévoit donc une liberté de mouvement pour la Minuad, et abolit les restrictions dans des domaines tels que les communications.

Reste que la force n'a toujours pas les hélicoptères de combat dont elle a besoin pour se déplacer dans cette région vaste et aride.

Un avertissement

La sécurité des réfugiés est très précaire

Le 8 février, l'émissaire de l'ONU au Darfour, Jan Eliasson, a lancé un cri d'alarme, avertissant que la région allait vers une guerre totale, après le lancement d'une opération par les forces gouvernementales soudanaises qui ont attaqué les positions rebelles dans deux villes de l'ouest du Darfour.

Le gouvernement dément être lié aux milices arabes, les "janjawids", accusées de vouloir pratiquer un "nettoyage ethnique", chassant les populations africaines noires de larges parties de la région.

Rappelons que les combats, qui durent depuis 5 ans, mettent en cause l'armée soudanaise, ainsi que des milices arabes pro-gouvernementales, et plusieurs groupes rebelles.

Le conflit a fait au moins 200.000 morts. 2 millions de personnes ont été déplacées. Un grand nombre de ces réfugiés vivent dans des camps dans des conditions de sécurité très précaires.