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Tchad : le régime d’Idriss Deby sur des charbons ardents

Afrik.com, 04 Février 2008

L’armée tchadienne, sous le commandement direct du président tchadien Idriss Deby Itno, tente toujours de résister aux assauts de l’alliance rebelle qui est entrée dans la capitale, N’Djamena. Les Tchadiens cherchent refuge au Cameroun tandis que plus de huit cents ressortissants étrangers ont été rapatriés par l’armée française.

Tchadiens et ressortissants étrangers fuient la capitale tchadienne, N’Djamena, qui était encore en proie à des tirs sporadiques ce lundi matin. L’alliance rebelle, stationnée aux portes de la ville depuis dimanche soir, promet d’attaquer dès que les civils auront quitté la ville. L’armée tchadienne affirme avoir repoussé les rebelles hors de la capitale où le président tchadien Idriss Deby Itno dirige les manoeuvres militaires, du palais présidentiel, pour sauver son régime. "Les forces de sécurité et de défense ont mis en déroute en début d’après-midi les mercenaires à la solde (du président soudanais Omar) el-Béchir en les boutant hors de la capitale", a indiqué dimanche, selon l’AFP, le général Mahamat Ali Abdallah. Nicolas Sarkozy s’est entretenu aussi à deux reprises au téléphone avec son homologue tchadien et la France a tenté de faire voter, sans succès, au Conseil de sécurité des Nations unies, une intervention au Tchad.

"Nous ne sommes pas impliqués dans cette guerre (...) Pour le moment, il n’y a pas de changement mais s’il y a une résolution au Conseil de sécurité (de l’Onu), s’il y a une autre suggestion lors de la réunion de l’Union africaine, nous verrons", a déclaré Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, à l’aéroport de Roissy, alors qu’il accueillait ce lundi matin des Français rapatriés du Tchad. "La France peut intervenir, soit dans le cadre d’un accord particulier, type accord de défense, soit dans le cadre d’un mandat qui lui serait confié par l’Onu pour assurer l’intégrité du Tchad", a indiqué pour sa part le ministre de la Défense, Hervé Morin dans les colonnes du Figaro. Il a par ailleurs affirmé que la France avait un accord de coopération militaire, pas de défense avec le Tchad sur les ondes de la radio RTL. "Si nous avions un accord de défense, a-t-il précisé, les accords de défense fixent en général un cadre extrêmement précis sur l’intervention militaire de la France pour la protection d’un Etat notamment s’il est attaqué par un Etat voisin. En l’occurrence, cet accord de coopération militaire ne prévoit d’aucune façon que les forces armées françaises soient amenées à intervenir".

Pour l’instant, l’intervention française s’est limitée à sécuriser les points d’accueil des ressortissants étrangers et leur rapatriement. De même que la sécurisation des bâtiments étrangers, com me l’ambassade des Etats-Unis, qui a été touchée durant les affrontements.

Empêcher le déploiement d’Eufor

Les rebelles tchadiens, qui ont démarré leur offensive mardi dernier du Soudan, sont arrivés samedi et dimanche aux abords du palais présidentiel. Les combats ont déjà fait plusieurs morts, dont les corps jonchent les rues de la capitale, et de nombreux blessés. La rebellion avait déjà tenté de prendre la capitale en avril 2006 mais l’armée française était intervenue, sous prétexte de protéger ses ressortissants. Les trois principaux groupes rebelles tchadiens, dont le commandement a été unifié en décembre dernier, tenteraient aujourd’hui d’empêcher le déploiement de la force européenne Eufor, "suspendu jusqu’à mercredi" selon Hervé Morin.

Cette force doit s’installer à la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine, avec pour mission de protéger les réfugiés soudanais qui fuient la province du Darfour. Le Soudan, qui est accusé de soutenir les rebelles, a nié dimanche toute implication par la voix de son ministre d’Etat aux affaires Affaires étrangères. "Ce qui se passe au Tchad est une affaire interne et nous n’avons rien à y voir", a affirmé Sammani al-Wassila. Khartoum est en effet sceptique quant à l’arrivée d’Eufor dans la région et aurait oeuvré à l’unification de mouvement rebelles, aux positions assez divergentes par le passé.

Pour l’heure, de nombreux Tchadiens tentent de trouver refuge au Cameroun, indique le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) alors que plus de huit cents ressortissants étrangers ont déjà été évacués par les Français. "Près de 570" sont arrivés en France, via le Gabon, dimanche et lundi selon le dernier bilan publié dans la matinée par le ministère français des Affaires étrangères.