Sauver Le Darfour dans le monde

Les combats au Tchad menacent l'aide humanitaire

Le Monde, 05 Février 2008

Les combats qui se déroulent dans la capitale tchadienne risquent de paralyser l'aide humanitaire aux réfugiés de l'est du pays, ont prévenu lundi plusieurs ONG.

Les affrontements à N'Djamena ont cloué les avions des ONG au sol, mis à mal les livraisons de carburant et contraint de nombreux organismes d'aide à suspendre leurs opérations.

"L'ensemble des opérations humanitaires est menacé, pas seulement pour les 300.000 réfugiés soudanais (du Darfour), mais aussi pour les 300.000 Tchadiens déplacés dans leur pays, ainsi que nos actions vers les populations qui les accueillent", a déclaré Gareth Owen, responsable des situations d'urgence de l'ONG Save the Children, contacté par téléphone à Abéché, dans l'est du Tchad.

Les groupes humanitaires éprouvaient déjà, avant le début des combats, des difficultés à faire parvenir nourriture, eau et médicaments aux réfugiés arrivant en flux continu du Darfour et de République centrafricaine.

Abéché est la principale plaque tournante de l'aide humanitaire au Tchad, mais selon Owen, l'ensemble du réseau dépend des avions atterrissant et décollant de N'Djamena.

Selon le Programme alimentaire mondial de l'Onu (Pam), l'insécurité actuelle pourrait compromettre la livraison de nourriture à 400.000 réfugiés.

"Si ça continue, cela posera un grave problème, car le pré-positionnement (des rations alimentaires) doit être effectué avant la saison des pluies, en juin, pour l'ensemble de l'année", a déclaré Stéphanie Savariaud, porte-parole du Pam à Dakar.

Chez Care International, on indique avoir interrompu toute activité à N'Djamena et ne poursuivre que les tâches essentielles dans l'Est dans l'attente d'une évaluation plus précise de la situation.

World Vision a, de son côté, signalé que son bureau dans la capitale tchadienne avait été attaqué, mais que les employés étaient sains et saufs.

"Pour le moment, les routes sont bloquées et nous n'avons aucun moyen de quitter la ville", a déclaré Levourne Passiri, directeur de cette ONG pour le Tchad.