Sauver Le Darfour dans le monde

La peine tchadienne confirmée

20 Minutes, 29 Janvier 2008

Avant l'audience, Hélène Breteau, la mère d'Eric, n'était « pas confiante du tout ». Quelques minutes plus tard, la décision du tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) a confirmé ses craintes. La justice française a prononcé hier une peine de substitution de huit ans de prison contre les six membres de l'Arche de Zoé, condamnés en décembre au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement de 103 enfants qu'ils disaient orphelins du Darfour. Une décision accueillie avec ­colère par les condamnés et leurs proches (lire ci-dessous).

Le tribunal de Créteil a suivi à la lettre la peine de substitution requise le 14 janvier. Surtout, il a refusé de prendre parti dans ce dossier, dénoncé par la défense comme une « mascarade » diplomatico-judiciaire. Les juges français ont expliqué qu'ils n'avaient « pas le pouvoir de rejuger les faits, d'apprécier la culpabilité des condamnés ou l'opportunité des sanctions prononcées » à N'Djamena. Pis, le Tchad n'étant pas signataire de la Convention européenne des droits de l'homme, la France n'a pas à « imposer ses règles ». Pour Gilbert Collard, l'avocat d'Eric Breteau et d'Emilie Lelouch, l'Hexagone donne ainsi « un passeport pour l'horreur, puisque si on n'a pas signé une convention, on a le droit de la violer ! » Les six Français ont immédiatement annoncé qu'ils faisaient appel. Ils pourraient également faire une demande de grâce à Idriss Deby, le président tchadien.