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Khartoum a dépassé le délai pour un retrait militaire du sud (sudistes)

Le Monde, 02 Janvier 2008

Le gouvernement soudanais a dépassé un nouveau délai fixé pour retirer ses troupes du sud du Soudan, a affirmé mercredi un haut responsable des anciens rebelles sudistes.

"Ils n'ont pas bougé jusqu'ici", a affirmé le général de division Mai Hoth, le chef d'état-major adjoint des ex-rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLM) qui contrôlent la région autonome du sud.

"Ils ne nous ont pas donné de raison concrète", a-t-il ajouté.

Le gouvernement nordiste de Khartoum avait promis de retirer avant fin 2007 ses troupes du sud, dans le cadre d'un accord qui avait ouvert la voie au SPLM pour revenir au gouvernement le 27 décembre, mettant fin à une crise politique de plus de deux mois.

Le SPLM avait suspendu sa participation au gouvernement pour protester contre ce qu'il considère comme les entraves des nordistes à l'application de l'accord de paix globale (CPA), qui avait mis fin en 2005 à une guerre de 21 ans dans le sud ayant fait au moins 1,5 million de morts.

Le dépassement par Khartoum d'une précédente date limite pour le retrait de ses troupes avait été l'une des principales raisons citées par les ex-rebelles pour quitter le gouvernement.

Aux termes du CPA, les troupes du nord devaient quitter le sud avant le 9 juillet 2007. Mais le nord n'avait retiré que les deux tiers de ses hommes à cette date, d'après l'ONU.

Le président soudanais Omar el-Béchir soutient que 85% des troupes ont quitté le sud, où 3.600 soldats sont toujours sur le terrain selon l'armée.

Le sud et les Nations unies contestent toutefois ces chiffres.

D'après le général Hoth, près de 18.000 soldats nordistes sont toujours déployés dans le sud qui recèle 80% du pétrole soudanais.

Le nord a justifié par le passé la présence de ses troupes par la nécessité de protéger les puits de pétrole.

Le CPA stipule que les deux parties doivent former une force conjointe nord-sud pour contrôler les zones pétrolières, mais la force n'était pas entièrement opérationnelle au moment où le sud s'est retiré du gouvernement.

Le porte-parole de l'armée sudiste, le général Kuol Deim, a attribué cet échec au refus des troupes de Khartoum de contribuer à la force.

Le général Hoth a dit attendre des explications de la part des nordistes lors d'une réunion le 5 janvier à Khartoum du Conseil conjoint de la Défense.