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Soudan: les sudistes rejoignent le gouvernement central

Afp, 30 Décembre 2007


Les ex-rebelles du sud Soudan ont réintégré jeudi le gouvernement central après une crise politique de 67 jours sur l'application de l'accord de 2005 qui avait mis fin à 21 ans de guerre.

"Les conseillers, ministres et ministres d'Etat sudistes ont prêté serment devant le président Omar el-Béchir et sont en train de participer à une réunion du Conseil des ministres", a indiqué à l'AFP une source officielle soudanaise.

Selon cette source, M. Béchir a signé dans la nuit des décrets portant nomination de trois conseillers présidentiels, de sept ministres et de six ministres d'Etat, tous issus du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), le grand parti sudiste dirigé par Salva Kiir.

Lam Akol, l'ancien ministre sudiste des Affaires étrangères renié par les siens, n'obtient aucun poste dans la nouvelle formation et n'a pas été désigné conseiller présidentiel.

Il est remplacé à ce poste par Deng Alor tandis que l'un des hauts dirigeants du SPLM, Pagan Amum, secrétaire général du mouvement, devient ministre de la présidence du Conseil des ministres.

Les autres nominations concernent des ministères techniques comme le Transport, l'Investissement, l'Enseignement supérieur ou le Commerce extérieur.

Parmi les conseillers figurent Mansour Khaled, ancien confident de John Garang, le leader sudiste aujourd'hui disparu et qui avait été longtemps chef de la diplomatie.

Le 12 décembre, nordistes et sudistes ont annoncé avoir résolu leurs différends, à l'exception du statut de la zone pétrolière d'Abiye, et annoncé un retour imminent des ministres sudistes dans le gouvernement central.

La question d'Abiye, zone pétrolière revendiquée par le nord et le sud, n'a pas été résolue et a été confiée à MM. Béchir et Kiir.

"C'est une question compliquée dont la résolution nécessite beaucoup d'efforts. Nous espérons qu'elle sera résolue d'ici le 31 décembre par les deux membres de la présidence, ou du moins qu'il y aura un accord sur la manière de la résoudre", avait alors déclaré un responsable nordiste, Mohammed Dirdiri.

Yasser Armane, un dirigeant sudiste, avait estimé quant à lui que l'accord sur une accélération, selon un calendrier précis, de l'application de l'accord de paix globale (CPA) de 2005 "donne aux deux parties et pour la première fois les moyens de le faire".

Selon lui, les deux parties sont convenues de réunir un congrès de réconciliation nationale, de renforcer la démocratie, de retirer leurs forces respectives du nord et du sud, de créer une force commune de protection des zones pétrolières, de financer les organismes chargés du recensement général et du développement du sud.

Le SPLM avait suspendu sa participation au gouvernement pour protester contre ce qu'il considère comme des entraves des nordistes à l'application du CPA, qui avait mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud ayant fait au moins 1,5 million de morts.

Les deux parties estiment qu'un partenariat amélioré rendrait "l'union plus attractive" pour les sudistes qui doivent se prononcer en 2011 par référendum sur l'unité du pays ou la création d'un Etat indépendant.