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Bilan-2007 : Le processus de paix s'avance avec vecissitude au Soudan

Xinhua, 22 Décembre 2007

Le processus de paix au Soudan, démarré il y a trois ans, s'avance avec vecissitude en 2007, marqué surtout par une nouvelle crise politique entre nordistes et sudistes et les difficultés dans la résolution de la question du Darfour (ouest).

LE DOSSIER EPINEUX DU DARFOUR

Au début de l'année, le gouvernement de Khartoum a exprimé sa détermination à promouvoir la mise en oeuvre de l'Accord de paix du Darfour (DPA), signé le 5 mai 2006 avec un seul groupe rebelle de la région.

Quelques jours plus tard, un conflit sanglant a éclaté entre les tribus d'al-Tarjam et d'al-Zrigat dans le sud du Darfour, faisant 12 morts.Les violences fréquentes, notamment des attaques rebelles et des conflits communautaires, constituent l'un des obstacles aux efforts de paix.

Le 29 septembre, des hommes armés inconnus ont lancé une attaque sanglante contre une position de la mission de l'UA à Haskanita, dans le sud du Darfour, entraînant la mort de dix soldats africains, la plus lourde perte depuis sa présence dans la région en 2004.

Les violences se poursuivent "au Darfour, à l'extérieur du Darfour et à l'extérieur du Soudan", et la situation humanitaire y est "très fragile", selon l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, arrivé à Khartoum début décembre, après avoir participé à une réunion des pays voisins du Soudan, tenu le 4 décembre à Charm el-Cheikh (Egypte).

Sous la médiation de l'ONU et de l'UA, les parties prenantes ont accepté de reprendre leurs pourparlers le 27 octobre dernier à Syrte, en Libye, mais les principaux groupes de rebelles, notamment le Mouvement pour le justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim et le Mouvement de libération du Soudan (SLM) d'Abdel Wahed Mohammed Nour, y ont été absent.

Devant cet échec, le gouvernement soudais, par la voix du conseiller présidentiel Nafie Ali Nafie, a réaffirmé vers la fin de l'année sa disponibilité à poursuivre les pourparlers de paix avec les mouvements rebelles du Darfour avec l'aide de l'ONU et de l'UA.

Et le président soudanais Omer al-Bachir a renouvelé ses appels à les mouvements rebelles du Darfour pour qu'ils s'engagent dans le dialogue avec le gouvernement de Khartoum.

Parallèlement, les Nations Unies et l'UA poursuivent leur médiation et le président Omar el-Béchir a finalement accepté en avril la troisième phase d'un plan onusien qui prévoit le déploiement d'une force hybride (Minuad) de 26.000 incluant des Casques bleus pour remplacer la force africaine de 7.000 hommes au Darfour, en proie à des difficultés financières et de soutiens logistiques.

La résolution 1769 instituant cette force a été votée le 31 juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU et acceptée le lendemain par Khartoum. Mais des difficultés persistent dans son déploiement. D'autant plus que le Soudan s'oppose au déploiement de contingents autres qu'africains, à l'exception de soldats chinois et indiens.

Vers la fin de l'année, les médiateurs de l'ONU et de l'UA se sont déplacés au Soudan dans les efforts de convaincre les autorités soudaises d'accepter ces contingents non-africains. Lors du sommet entre l'Union européenne et l'Afrique à Lisbonne, au Portugal, les Européens ont également fait pression sur le président el-Béchir.



RESOLUTION DE LA CRISE POLITIQUE NORD-SUD

Le 11 octobre dernier, le Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) a suspendu la participation de leurs réprésentants au gouvernement d'unité soudanais sous le prétexte que le parti du président el-Béchir "tard à mettre en application" de l'Accord de paix global (CPA) signé en janvier 2005.

Il s'agit là de la plus grave crise pour le gouvernement d'unité nationale, formé en septembre 2005 suite à la signature du CPA, qui avait mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud ayant fait au moins 1,5 million de morts.

Après des négociations intensives, le président el-Béchir et le premier vice-président soudanais, Salva Kiir Mayardit, chef du SPLM, ont conclu le 12 décembre à Khartoum des accords en vue d'un règlement de la crise, accords salués par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Dans son discours prononcé lors d'un congrès du Parti du congrès national (NCP, au pouvoir), le président el-Béchir a souligné que son gouvernement et son parti n'ont pas d'intention de revenir à la guerre dans le sud du Soudan.

Le président el-Béchir a notamment appelé à "un partenariat politique efficace" entre le NCP et le SPLM afin de "consolider les pilliers de la paix, de renforcer l'unité volontaire et d'augmenter les opportunités de participation pour d'autres partis ".