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Darfour : l'UE presse le Soudan d'accepter une force hybride de maintien de la paix

Xinhua, 09 Décembre 2007

Les hauts responsables de l'Union européenne (UE) ont excercé des pressions sur le gouvernement soudanais pour que le dernier accepte le déploiement d'une force hybride de maintien de la paix au Darfour, une région dans l'ouest du pays.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le haut représentant de l'Union européenne à la politique étrangère, Javier Solana, et le commissaire de l'UE chargé du développement, Louis Michel, ont rencontré samedi soir des représentants du gouvernement soudanais, a confié à la presse le ministre portugais des Affaires étrangères Luis Amado.

"C'était une réunion difficile (...) Les circonstances étaient extrêmement difficiles comme vous le savez tous", a confirmé M. Amado.

Le Premier ministre portugais, dont le pays assume la présidence de l'UE en rotation, était présent à cette réunion durant les 20 premières minutes. Il était obligé de quitter la salle de réunion pour présider une session plénière du sommet UE- Afrique.

La présidence de l'UE a été représentée par le secrétaire d'Etat portugais aux Affaires étrangères et à la Coopération, Joao Cravinho, tout au long de la réunion d'une heure.

"La réunion s'est déroulée dans une atmosphère franche. Cela veut dire que les deux parties ont explicitement exposé leurs propres préoccupations", a confié aux journalistes M. Cravinho.

La partie soudanaise a fait savoir qu'il lui est difficile d'accepter une force de maintien de la paix composée de membres non africains dans la région du Darfour, a poursuivi M. Cravinho.

Une force de maintien de la paix sous la bannière de l'Union africaine (UA), médiocrement équippé et forte de 7.000 membres, stationne actuellement au Darfour. Khartoum a toujours refusé d'accepter le déploiement d'une force hybride ONU-UA de maintien de la paix au Darfour.

Lors de la réunion de samedi, Khartoum a fait remarquer que des progrès ont été enregistrés et qu'il y aura, dans un proche avenir, des nouvelles sur le statut de la force hybride ONU-UA, a-t-il indiqué.

"Nous attendons des nouvelles à l'ONU", a expliqué M. Cravinho, avant d'ajouter que le message de l'UE a été transmis au Soudan.

Au cours de la réunion, l'UE a également fait part de ses inquiétudes sur le manque de progrès dans l'application de l'Accord de paix totale entre le gouvernement et les groupes rebelles, qui détiennent le sud du pays.

Par ailleurs, l'UE est préoccupée par une éventuelle division du Soudan engendrée par un référendum prévu en 2011 dans le sud du pays, a averti M. Cravinho, ajoutant que l'UE encourage le président soudanais Omar el-Béchir à engager un dialogue approfondi avec les parties du sud.

Le bloc des 27 pays a également exprimé ses préoccupations vis- à-vis du manque de coopération soudanaise avec la Cour pénale internationale (CPI).

Cette instance judiciaire basée à La Haye a émis en mai 2007 des mandats d'arrêt contre le ministre soudanais des Affaires humanitaires Ahmad Muhammad Harun et le chef des milices arabes " djanjawid" Ali Kushaybthe, tandis que Khartoum a refusé de lui remettre les deux hommes, sous prétexte que la CPI n'a pas de juridiction sur cette affaire.