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Darfour: l'UE demande à Béchir de faciliter le déploiement de la force ONU-UA

Afp, 08 Décembre 2007

Les Européens ont demandé samedi à Omar el-Béchir de faciliter le déploiement au Darfour de la force de paix ONU-UA dont le président soudanais refuse la composition proposée par les Nations unies, lors d'entretiens en marge du sommet UE-Afrique à Lisbonne.

"On a indiqué à M. Béchir que ce que nous souhaitions maintenant, c'est qu'il réponde aux propositions des Nations unies de manière à créer les conditions pour déployer rapidement la force hydride", a déclaré à la presse le commissaire européen au Développement Louis Michel.

"Sans la force hybride, on va continuer à vivre le drame qu'on vit aujourd'hui au Darfour", a-t-il assuré.

M. Michel s'était entretenu un peu plus tôt avec M. Béchir, en présence du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, du haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, et du président en exercice l'UE, le Premier ministre portugais José Socrates.

Cette réunion "très franche" a duré environ une heure, a indiqué le secrétaire d'Etat portugais à la Coopération et au développement, Joao Gomes, présent également à cette réunion.

"Il y a eu aujourd'hui un envoi de messages très clairs", a-t-il dit.

M. Béchir s'oppose à la participation à la Minuad, qui doit être déployée en janvier, d'unités spécialisées du Népal, de Thaïlande et des pays nordiques.

La force ONU-UA doit être majoritairement africaine par sa composition, selon un accord passé avec le gouvernement soudanais, mais selon l'ONU, ces contingents non africains sont indispensables à l'efficacité opérationnelle de la force.

"Nous lui avons dit (..) que c'était l'intérêt du Soudan, grand pays, et de son unité qu'on arrête de massacrer sur le territoire de son pays, et que pour arrêter de massacrer, il fallait qu'il y ait le déploiement de la force hybride le plus rapidement possible", a déclaré le président français Nicolas Sarkozy qui s'était entretenu plus tôt avec M. Béchir.

"C'est pas parce que sous casque bleu il y aura des Européens qu'on est dans un système post-colonial, faut arrêter, faut regarder les choses calmement", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dépêché deux proches conseillers à Lisbonne pour convaincre M. Béchir d'accepter ces contingents non-africains. Mais un conseiller du président soudanais a fait savoir vendredi à Khartoum que le président soudanais ne les rencontrerait pas.

Jeudi, M. Ban avait également mis les grands pays devant leurs responsabilités en les exhortant à fournir 24 hélicoptères jugés indispensables au succès de la Minuad.

Un appel relayé à l'ouverture du sommet par le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, et Asha Rose Mirigo, vice secrétaire-générale de l'ONU.

La Minuad, qui doit compter à terme 26.000 hommes, doit prendre le 1er janvier le relais de l'Amis, la force de l'UA actuellement sur place, mal équipée et sous financée.

Mais il lui manque encore des composantes essentielles, notamment 18 hélicoptères de transport et 6 hélicoptères tactiques.

M. Konaré a également appelé à lancer "un message unanime, sans complaisance, pour appeler tous les responsables des mouvements rebelles à rejoindre la table des négociations".

Il n'a en revanche pas mentionné Omar el-Béchir.

Région occidentale du Soudan, le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'une guerre civile qui a fait quelque 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon des organisations internationales. Khartoum conteste ce bilan et ne parle que de 9.000 morts.