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Darfour: les civils toujours la cible d'attaques de l'armée et des rebelles

Afp, 07 Décembre 2007

Les habitants de la province soudanaise du Darfour, en proie à la guerre civile, sont toujours la cible des attaques de l'armée et des milices pro-gouvernementales, ainsi que des groupes rebelles, selon un rapport d'experts indépendants qui doit être présenté à l'ONU.

Ces attaques ont fait depuis la mi-juin plus de 170 morts parmi les civils, ont ajouté ces experts dans leur rapport, qui doit être présenté mardi à Genève au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Une trentaine de personnes ont également été blessées et trois femmes violées lors de ces opérations.

"Selon des sources de l'ONU, au moins 15 attaques terrestres et aériennes ont été commises contre des zones civiles entre le 20 juin et la mi-novembre dans les trois Etats du Darfour par les forces gouvernementales et les milices qui leur sont alliées, ainsi que par la faction de Minni Minaoui de l'Armée de libération du Soudan (SLA, groupe rebelle)", ont indiqué les experts.

Les belligérants "n'ont fait aucune différence entre les combattants et les non-combattants et ont fait aveuglément usage de moyens militaires disproportionnés", selon le rapport.

Ces combats ont entraîné "sur une large échelle des pillages, des destructions de propriétés appartenant à des civils, notamment des centaines de logements, ainsi que des vols et des abattages d'un grand nombre de troupeaux et le déplacement de milliers de gens", peut-on lire.

Khartoum s'était pourtant engagé à protéger les populations civiles, particulièrement les femmes et les enfants, après la publication du dernier rapport des experts en septembre.

Mais "à de rares exceptions près, ces efforts (du gouvernement soudanais) n'ont pas encore permis d'améliorer la situation au Darfour sur le plan des droits de l'homme", ont estimé les experts.

Ces derniers n'ont pas pu se rendre au Darfour pour préparer leur rapport. Ils ont fondé leurs travaux sur des témoignages d'organismes onusiens sur place et sur des contacts avec des responsables soudanais à Genève.

Le rapport se félicite de la "coopération" du régime soudanais, mais souligne que Khartoum doit faire beaucoup plus, notamment en déférant des criminels de guerre à la justice.

Le Soudan refuse de livrer à la Cour pénale internationale (CPI) son secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires Ahmed Haroun et Ali Kosheib, un chef de milice janjawid qui fait régner la terreur au Darfour, tous deux inculpés en mai par la Cour, ont souligné les auteurs du rapport.

Les experts appellent le Conseil des droits de l'homme à renouveler leur mandat en vue d'une mission au Soudan début 2008.

Province occidentale du Soudan, le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'une guerre civile qui a fait quelque 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés, selon des organisations internationales. Khartoum conteste ce bilan et ne parle que de 9.000 morts.