Sauver Le Darfour dans le monde

La justice internationale accuse Khartoum d'atrocités au Darfour

Presse Canadienne, 07 Décembre 2007

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi l'ouverture de deux nouvelles enquête au Darfour, dont l'une vise des responsables du gouvernement soudanais soupçonnés d'avoir organisé les attaques qui ont fait des réfugiés de 2,5 millions de civils. L'autre concerne les agresseurs des travailleurs humanitaires et soldats de la paix.

Luis Moreno Ocampo a déclaré que ses services allaient enquêter sur "une campagne calculée et organisée des responsables soudanais pour attaquer les individus et détruire encore davantage le tissu social de communautés entières".

"Loin d'avoir désarmé les milices janjawid comme il s'y était engagé", estime le magistrat, le gouvernement du Soudan "les a pour la plupart intégrées dans son appareil de sécurité et les a stationnés aux alentours des camps" de réfugiés. "Le viol des femmes quand elles quittent les camps sont systématiques", accuse-t-il.

M. Ocampo a aussi exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à exiger que le Soudan livre son ministre des Affaires humanitaires par intérim, Ahmed Muhammed Harun, ancien responsable de la sécurité au Darfour et inculpé de crimes contre l'humanité. Le procureur compte chercher "qui maintient Harun en position de commettre des crimes, et qui lui donne ses instructions." "Ce qui est en jeu, c'est tout simplement la vie ou la mort de 2,5 millions de personnes."

L'ambassadeur soudanais à l'ONU a affirmé que toute pression compliquerait les efforts de la communauté internationale pour promouvoir le processus de paix au Darfour et déployer une force mixte de l'ONU et de l'Union africaine (UA) de 26.000 hommes chargés du maintien de la paix dans cette région de l'Ouest du Soudan. "Il n'est pas question que nous livrions nos concitoyens à la CPI", a lancé Abdelmahmood Abdalhaleem Mohamed.

La guerre au Darfour a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de réfugiés depuis la rébellion armée début 2003 de groupes de la majorité ethnique noire de la région contre le gouvernement soudanais à majorité arabe, accusé de discrimination. Khartoum se défend d'avoir armé les milices arabes des Janjawid et d'être responsable des atrocités commises contre les civils.

Le procureur Ocampo a également demandé que soit livré à la CPI siégeant à La Haye, aux Pays-Bas, un membre des Janjawid, Ali Kushayb, surnommé "le colonel des colonels".

La deuxième enquête sur les agressions de travailleurs humanitaires et Casques bleus portera notamment sur l'attaque dans laquelle dix soldats de l'Union africaine ont été tués et un autre porté disparu le 29 octobre sur la base militaire de Haskanita. Les soupçons se portent sur des rebelles.