A l'Est du continent africain, le Soudan est la proie d’un
des régimes
les plus durs au monde. Il présente, par ailleurs, d'importantes
richesses pétrolières.
Cet imposant pays est limitrophe du Tchad, de l'Egypte, de l'Ethiopie,
de la Libye, de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre),
de l'Ouganda, de la République
de Centre Afrique et enfin du Kénya.
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Dès lors, sa déstabilisation entraîne irrémédiablement
celle d’une partie non négligeable du continent africain. |
En janvier 2005, le gouvernement et les forces rebelles du Sud ont enfin signé un accord de paix mettant fin à un conflit qui aura duré vingt ans. Mais le Darfour a été le grand oublié de ces négociations de paix.
Le Darfour est une région de la taille de la France. L’hécatombe
s’y comptabilise aujourd’hui à près de 10 000
morts par mois.
Selon la version officielle, il ne s'agirait, ni
plus ni moins, que d'un conflit relatif aux ressources naturelles en eau
et en pétrole,
toute cette affaire ayant
été inventée
par l'ambassade américaine et les ONG, le gouvernement
de Khartoum n'y étant bien sûr pour rien.
A l’appui de cette thèse, le fait que Colin Powell a, alors
qu’il soutenait Bush au cours de sa campagne électorale, été le
premier à prendre une position ferme contre ce régime. Depuis,
le Président américain, a, en personne, déclaré que
le drame du Darfour était constitutif d'un génocide.
Et pourtant, en dépit de nombreux témoignages relatifs aux
atrocités commises au Darfour, l'indifférence demeure.
Tenter de donner un nom à cette tragédie de ce début
de 21ème siècle ressortit aujourd’hui d’une bataille
sémantique et idéologique. Une chose est sûre : ce sont
des crimes, ce sont des crimes racistes.
Les démocraties sont toujours parvenues à tenter de justifier
leur inaction en se réfugiant derrière des prétextes
pseudo-culturels tels que la poudrière des Balkans ou bien encore
les guerres tribales ancestrales au Rwanda. Pour ce qui est de
l’actuelle
tragédie du Darfour, sont aujourd’hui invoqués aussi
bien le prétexte juridique de la souveraineté du Soudan que
le débat sémantique relatif à la question de savoir
si les massacres en cours sont caractéristiques ou non d’un
génocide.
L’objectif de Sauver Le Darfour est de rétablir la vérité des
faits, analyser, expliquer, faire
comprendre au plus large public la nature du conflit pour sensibiliser
et donner envie
d’agir face au drame du Darfour.
Le gouvernement soudanais est issu d'un coup d'Etat qui a installé au pouvoir une tendance qui représente à peine 10% de l’électorat. Ce pouvoir est donc parfaitement illégitime. Par ailleurs, ce régime n’est ni démocratique ni pacifique.
En 1989, le gouvernement et le Parlement démocratiquement élus
s'apprêtaient à faire la paix avec le Sud-Soudan ainsi qu’à supprimer
la charia, une Loi islamique selon laquelle les non-musulmans de cette région étaient
considérés comme des citoyens de seconde classe.
Sauver la charia fut dès lors l’idée forte du mouvement
des Frères Musulmans, qui, battu trois ans plus tôt aux élections
avec moins de 10% des voix, décida de reprendre, par la force, les rênes
du pouvoir.
Le mouvement attendit d'avoir les rouages de l'Etat bien en main
avant de révéler
sa nature fondamentaliste, date à laquelle fut mis en place un régime brutal et totalitaire,
associé à des services de sécurité qui
enlevèrent, torturèrent ou tuèrent les opposants présumés,
et ce à travers tout le pays.
La guerre contre le Sud-Soudan reprit
tout en étant cette fois qualifiée
de djihad par les autorités de Khartoum. L'ONU a depuis qualifié les
actes de ce nouveau régime au Sud-Soudan de crimes de guerre
et de crimes contre l'humanité.
Six millions d'habitants vivent au Darfour : l'essentiel sont des "noirs" africains
le reste sont des "arabes". En réalité, les tribus
dites arabes sont des populations arabisées qui semblent avoir un teint
un peu plus clair. Mais au Darfour, attaquants aussi bien qu’attaqués
sont musulmans.
Le partage inégal des richesses naturelles entre les habitants de la
capitale et le Darfour était flagrant. Les Darfouriens n'ont jamais
profité de la manne pétrolière.
En dépit du sous-développement de l’Ouest soudanais, la
coexistence entre "noirs" et "arabes" a longtemps été pacifique,
comme le montrent les nombreux mariages mixtes d’alors.
Pacifique jusqu’à ce que le Gouvernement de Khartoum
théorise
le concept d'infériorité des « africains noirs » par
rapport aux « arabes », le terme "nègre" étant
alors remis en service pour l’occasion, la question du droit des " noirs " à vivre
au Darfour étant alors ouvertement posée.
En 1987 : le Congrès Arabe décréta la suprématie
arabe, attribuant à la population arabe la mission de " créer
la civilisation dans la région "…
En 1995 : les structures traditionnelles de gouvernance
furent démantelées
afin que les leaders soient remplacés par des officiels acquis à la
cause du gouvernement.
Après les gains politiques (élections libres dans 3 ans) et financiers
obtenus finalement par les rebelles du Sud, ceux de l'Ouest comprirent que
seul le langage des armes était susceptible d’être entendu
par Khartoum. Ils se rebellèrent.
Depuis février 2003, le Darfour est déchiré par une guerre
civile dans laquelle le régime islamiste de Khartoum, s'appuie sur les
tribus musulmanes "arabes" pour, par le biais des milices janjaweed,
massacrer les tribus musulmanes "africaines" contestataires de
l'Ouest du pays.
Le Mouvement de Libération du Soudan (SLM, Sudan Liberation
Movement)
est le mouvement rebelle laïque qui fut à l'origine de l'insurrection
au Darfour en février 2003.
A cette date, la branche armée du SLM, l'Armée de Libération
du Soudan (SLA, Sudan Liberation Army), a pris les armes contre
le gouvernement, estimant qu'il ne protégeait pas suffisamment les
habitants du Darfour et que cette région était marginalisée
et sous-développée.
Ce groupe armé est principalement soutenu par les cultivateurs de la
région.
Un autre groupe, le Mouvement Justice et Egalité (JEM, Justice
and Egality Movement), a également fait son apparition
Les tribus
africaines du Darfour (en particulier les Four, les Zaghawa et les Massalit)
composent le gros des contingents des deux mouvements rebelles.
C’est parce qu’il ne parvenait pas à mater cette
rébellion
par le biais de l'armée régulière dont bon nombre de
sous-officiers étaient issus des tribus précitées, que
le gouvernement soudanais appela les tribus arabisées du Darfour à faire
la guerre contre les tribus africaines du Darfour. Ces
tribus furent surnommées Janjawids, ce qui signifie hommes
armés à cheval.

| "Le Darfour c'est l'enfer sur terre" (K.Annan) | Témoignages de victimes |
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Les chiffres de plus de 300 000 morts, 230 000 réfugiés et plus de 2 millions
de déplacés ne peuvent s'expliquer que par une politique de terreur organisée
par le pouvoir soudanais et ses milices |
"Je vivais avec ma famille à Tawila et j'allais à l'école quand, un jour, les Janjawids sont arrivés et ont attaqué l'école. On a tous essayé de sortir de l'école mais on a entendu des bruits de bombardement et on a commencé à courir dans tous les sens. Les Janjawids ont attrapé plusieurs filles : j'ai été violée par quatre hommes à l'intérieur de l'école. Quand je suis revenue, j'ai découvert qu'ils avaient détruit tous les bâtiments.
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Les forces gouvernementales se sont parfois jointes aux attaques des
villages par les Janjawids. Des avions du gouvernement
ont notamment bombardé des villages immédiatement avant leurs incursions
Si
des camps de réfugiés ont bien été installés, la situation reste dramatique
à leurs alentours.
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Qualifiées par la commission d'enquête de l'ONU de crimes contre
l'humanité, les exactions commises depuis maintenant trois ans
au Darfour plongent la population dans l'horreur des massacres,
des exodes forcés
et de la famine |
La liberté de circulation des journalistes fait également l'objet d'entraves importantes
par le gouvernement soudanais. Ainsi en est-il du photographe
Brad Clift, ce journaliste américain de Hartford Courant qui a été arrêté pour
avoir pris des photos des camps au Darfour
La communauté internationale doit
passer outre le refus du régime illégitime de
Khartoum (arrivé au pouvoir par un coup d'Etat) d'accueillir des Casques bleus
et cesser de se servir de la sémantique (certains responsables notamment américains
parlant de "génocide" d'autres récusant ce terme) comme prétexte à la
non-intervention
Il suffirait que deux avions (de la communauté internationale) décollent
pour que cela cesse !
La mission de l'Union africaine (UA), qui
doit se prolonger jusqu'à fin
2006, est sous-payée, sous-équipée, et dépourvue
de mandat, estime Sauver Le Darfour, qui réclame également des élections
libres sous supervision de l'ONU.
La France doit prendre l'initiative d'un vote d'une résolution de l'ONU
organisant le déploiement de Casques bleus dans la région soudanaise du
Darfour.
Cette force d'interposition aidera à la paix ainsi qu'à la stabilité du Soudan et de la région.
La communauté internationale peine à faire cesser ces crimes, étant donné
l'importance des enjeux géostratégiques.
Or il s'agit de l'avenir de l'Afrique, de sa démocratisation ainsi
que du changement de comportement des Etats démocratiques vis à vis des régimes
totalitaires.
Les blocages sont réels, le gouvernement de Khartoum achetant ses alliés.
En dépit de leur opposition à l'embargo sur l'exportation
du pétrole
ou sur l'importation des armes, le Conseil de Sécurité a su
voter cinq
résolutions
en faveur du Darfour
L'action de l'ONU a permis que les attaques de villages
ne soient plus systématiquement
précédées par des bombardements de l'aviation soudanaise. Elle a également
permis que cesse le
rapatriement forcé des déplacés. La résolution du 18 Septembre 2004
a prévu le jugement
des criminels par la Cour pénale internationale
Le
déploiement d'une force internationale d'interposition fait toujours l'objet d'âpres négociations
entre les membres du Conseil
de sécurité de l'ONU ainsi qu'entre l'ONU et le régime de Khartoum.
Ce déploiement est de plus en plus urgent, car tout le monde est conscient
qu'actuellement
l'Union
Africaine est incapable d'assurer la stabilité et la paix dans la région,
quand bien même elle contribue beaucoup à améliorer la sécurité dans les
zones où elle
est déployée.
Des pourparlers ont abouti à un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté :
une force a bien été envoyée au Darfour par l'Union
Africaine, mais elle n'a pour seul mandat que celui consistant à noter
les non-respects du cessez le feu. Aucune autorisation ne lui a été conférée
lui permettant d'intervenir aux fins de
protéger les populations
Aujourd'hui il faut un nouveau mandat de
l'ONU pour une force d'interposition fondée sur l'article 42 du Chapitre
VII de la Charte des Nations unies
Seule
la mobilisation citoyenne permettra de faire pression sur les décideurs pour
obtenir l'envoi d'une force de paix au Darfour
La mémoire n'a de sens que si elle est active, la commisération autour
du génocide des Tutsi du Rwanda ne sert à rien si on continue à demeurer INDIFFERENT face à un
génocide qui se déroule
sous nos yeux
Aux Etats-Unis et en Angleterre la mobilisation citoyenne est
importante. Il est temps de construire un rapport de force permettant
de faire des mobilisations française et européenne un pivot de l'action
en faveur du Darfour.
L'association Sauver Le Darfour, SLD a pour buts de :