Le Conseil de sécurité est saisi de la situation au Darfour depuis trois ans cette semaine

Onu

Centre De Nouvelles De L'onu, 04 Avril 2007

Il y aura « trois ans cette semaine que le Conseil de sécurité aura entendu son premier exposé sur le Darfour » et la situation continue d'empirer au point que l'on peut craindre que dans 18 mois, ce soit la moitié de la population de la région de l'Ouest du Soudan qui ait besoin de l'aide internationale, a souligné aujourd'hui John Holmes.

« Ces six derniers mois, près de 250.000 civils innocents de plus ont été forcés d'abandonner leurs maisons et de chercher refuge après des attaques menées par les milices soutenues par le gouvernement », a souligné John Homes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, lors d'un exposé du Conseil de sécurité.

A l'heure actuelle, plus d'un tiers de la population du Darfour, soit 2,2 millions de personnes sont déplacées.

John Holmes a décrit la situation dans les camps de réfugiés comme une « bombe à retardement » et remis en cause la viabilité d'une opération d'assistance humanitaire de près de 800 millions de dollars par an, financée à 95% par la communauté internationale.

Il a aussi rappelé que si « aucune partie ne peut se prévaloir d'une supériorité morale », c'est « le gouvernement du Soudan qui a la responsabilité première de protéger sa population et qui doit être tenu pour responsable des enquêtes et de la répression de ceux qui sont accusés de crimes ».

Le Secrétaire général adjoint a déploré le maintien des obstacles bureaucratiques à l'encontre des organisations non gouvernementales (ONG). S'il a salué la signature d'un « communiqué conjoint » entre les Nations Unies et le gouvernement soudanais qui s'est engagé à les lever (dépêche du 26.03.2007), il a affirmé devant la presse à l'issue de la réunion du Conseil qu'il était « encore trop tôt » pour évaluer l'efficacité de cet accord.

Devant le Conseil, il a cité un incident au cours duquel 20 membres du personnel des Nations Unies, des ONG et de l'Union africaine ont été arrêtés par la police soudanaise, maltraités et, comble d'injure, accusés de crimes.

John Holmes a déploré les accusations de « politisation » de la part du gouvernement soudanais à l'encontre des agences qui dénoncent les violations des droits de l'homme.

Au Soudan, « en d'autres termes, donner de la nourriture et un abri est acceptable, mais pas s'élever contre les violations du droit humanitaire », a-t-il déploré.