Une équipe de l'ONU parvient à accéder à la ville fantôme de Birao, en République centrafricaine

Onu

Centre De Nouvelles De L'onu, 21 Mars 2007

Pour la première fois depuis des combats entre les forces gouvernementales et des rebelles de l'UFDR au début du mois, une équipe des Nations Unies a eu accès à la principale ville du nord-est de la République centrafricaine (RCA), Birao, presque quasiment détruite et désertée par 95% de la population.

« Jamais auparavant, l'ONU n'a vu une ville de la République centrafricaine avec 70% de ses maisons brûlées », a déclaré Toby Lanzer, Coordonateur humanitaire de l'Organisation.

« Les conséquences de cette situation sur la vie des populations ne peuvent aucunement être exagérées », a-t-il souligné.

Avant ces combats, la ville, située à la frontière avec le Darfour, au Soudan, comptait 14.000 habitants.

Birao est située à proximité de la frontière de la République centrafricaine avec la région soudanaise du Darfour, précise un communiqué publié à New York par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Suite à la visite effectuée hier, les Nations Unies estiment maintenant qu'il n'y a pas plus de 600 habitants demeurant dans la ville, les autres s'étant réfugiés dans la brousse pour fuir la violence.

En plus de l'incendie des maisons, qui rend le retour de la population pratiquement impossible avant le début de la saison des pluies en mai, l'équipe de l'ONU a constaté que les écoles de la ville ainsi que l'hôpital ont été détruits et pillés durant les combats.

« Cette information alarmante souligne l'importance de ma mission, qui a pour but de mettre en lumière la situation lamentable dans le nord de la RCA, ainsi que nos difficultés à apporter une réponse adéquate faute de moyens financiers et d'acteurs humanitaires sur le terrain », a déclaré John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, qui effectue depuis hier une mission de deux semaines dans trois pays africains, le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine (dépêche du 19.03.2007).

Le nombre des personnes déplacées dans certaines régions de la République Centrafricaine a triplé en 2006.

On compte près de 280.00 personnes déplacées, dont 20.000 Centrafricains réfugiés au Cameroun, 50.000 au Tchad et environ 212.000 de personnes déplacés à l'intérieur du pays.

Un million de personnes, soit un quart de la population, sont affectées par l'insécurité qui s'est répandue dans le nord.

Les conflits armés qui persistent depuis des décennies, l'instabilité politique et une mauvaise gouvernance ont dévasté la vie de 4,2 millions de personnes vivant dans le pays.

Selon l'Index de développement humain publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le pays est le 7ème plus pauvre du monde. Les indicateurs sociaux sont en déclin depuis deux décennies.

Ainsi, selon une estimation de 2003, la mortalité des enfants en dessous de 5 ans se situait à plus de 20%. Les infrastructures de base et les services sociaux, tels que la santé et l'éducation sont quasiment inexistants en dehors de la capitale Bangui.

Pour 2007, les Nations Unies ont lancé un appel de fonds pour un montant de 54,5 millions de dollars en vue d'une assistance d'urgence à la population.

A ce jour, 8 millions de dollars ont été reçus, 15% de ce qui est requis. En 2006, seulement 60% des besoins ont pu être couverts.