Darfour : près de 24.000 hommes seront nécessaires pour la mission de l'ONU et de l'Union africaine

Onu

Centre De Nouvelles De L'onu, 07 Mars 2007

Le Secrétaire général a envoyé au président du Soudan, Omar El-Béchir, une lettre évoquant le cadre d'une opération conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine (UA) qui devrait marquer le début de plans opérationnels détaillés.

« Cette lettre s'inscrit dans le cadre de notre accord visant à procéder dans la transparence vis-à-vis du gouvernement soudanais quant aux planifications en cours sur le renforcement de la présence de maintien de la paix au Darfour », a déclaré la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

« Une lettre en termes identiques devrait être envoyée par le président de la Commission de l'UA au président soudanais », a-t-elle précisé.

Hier, Hedi Annabi, Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, avait affirmé devant la presse que l'ONU et l'UA prévoyaient désormais le déploiement de 19.000 à 20.000 soldats, 3.700 policiers et 19 unités de police pour répondre aux besoins sur le terrain.

Le Conseil de sécurité avait demandé en mars 2006 au Secrétaire général, « conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et constante avec le gouvernement soudanais » et « les parties aux pourparlers de paix d'Abuja, dont le Gouvernement d'unité nationale, de faciliter la planification préparatoire nécessaire pour un passage de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies » (dépêche du 27.03.06).

Mais le Soudan s'est constamment opposé au déploiement d'une force des Nations Unies dans sa région de l'Ouest du pays, en dépit d'une résolution du Conseil de sécurité en arrêtant le principe et les modalités, adoptée cet été (dépêche du 31.08.06).

Le Conseil de sécurité a donc appuyé au mois de décembre 2006 le principe d'une force mixte (dépêche du 19.12.06).

Le Secrétaire général a exhorté à lors d'un voyage à Addis-Abeba le gouvernement soudanais et les milices à mettre fin aux violences et aux bombardements dans la région du Darfour, appelant aussi à la relance du processus politique et au déploiement « urgent » d'une force « Nations Unies-Union africaine » sur le terrain.

Toutefois, si Ban Ki-moon a communiqué par lettre du 24 janvier un plan d'appui pour le maintien de la paix convenu avec l'Union africaine (dépêche du 29.01.07), il attend aujourd'hui encore une réponse à cette lettre.

De retour d'une mission prolongée sur le terrain, hier à New York, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, Jan Eliasson, a souligné que le gouvernement du Soudan et toutes les parties au Darfour, signataires ou non de l'Accord de paix d'Abuja, devaient faire la preuve de leur volonté politique de mettre fin au conflit (dépêche du 6.03.07).

Le conflit au Darfour a causé la mort d'au moins 200.000 personnes et fait près de 4 millions de déplacés.