Darfour : Annan recommande entre 15.300 et 18.600 hommes

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Afp, 02 Août 2006

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, recommande le déploiement au Darfour début 2007 d’une force de l’Onu pouvant compter de 15.300 à 18.600 hommes selon les options, dans un rapport au Conseil de sécurité rendu public mardi.
Pour cette force, qui sous réserve de l’accord du gouvernement soudanais doit remplacer l’actuelle force de l’Union africaine (UA) au Darfour, M. Annan propose trois options, qui diffèrent selon la répartition des forces entre unités terrestres et éléments aériens d’intervention rapide :

Un effectif d’environ 17.300 hommes, répartis en 14 bataillons d’infanterie et deux compagnies de forces spéciales, appuyés par trois avions de reconnaissance, huit hélicoptères armés de reconnaissance tactique et 18 hélicoptères de transport polyvalents. Un maximum de 200 officiers de liaison et de 300 observateurs militaires de l’Onu seraient également déployés dans ce cas de figure.

Une force d’environ 18.600 hommes soutenue par seulement quatre hélicoptères de reconnaissance et neuf hélicoptères de transport. Cette option prévoit deux bataillons d’infanterie supplémentaires pour compenser la moindre capacité de réponse aérienne rapide.

Enfin, une force d’environ 15.300 hommes avec 11 bataillons d’infanterie, un total de cinq compagnies de forces spéciales et 14 hélicoptères tactiques. Cette option donnerait à la force une capacité de réaction rapide supérieure au détriment de la présence au sol.

La force de l’Onu doit prendre le relais de la mission de l’UA (Amis), qui compte quelque 7.000 hommes mais est mal équipée et sous-financée.
Les soldats de l’UA, dont le mandat se limite à la surveillance d’un ancien cessez-le-feu, ne sont pas en mesure de protéger les civils dans cette province soudanaise grande comme la France où sévit une guerre civile depuis février 2003 et une grave crise humanitaire. Le conflit a fait environ 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés.

L’Amis n’a pas non plus les moyens de faire appliquer un fragile accord de paix signé en mai à Abuja entre Khartoum et une partie des rebelles du Darfour.
Mais le président soudanais Omar el-Béchir ne cesse de répéter son opposition au déploiement d’une force internationale au Darfour, affirmant que le Soudan ne serait pas « recolonisé ».

Vendredi, il a prévenu que le Darfour serait « un cimetière » pour les éventuels Casques bleus. « Obtenir le consentement du gouvernement soudanais exigera la poursuite de discussions intensives avec lui (...) aucun effort ne doit être épargné pour envoyer ce message simple et fort : un engagement international augmentera les chances que la paix s’enracine au Darfour », dit M. Annan dans son rapport.

« Les Nations unies n’ont pas de dessein caché », ajoute-t-il. « La future force de l’Onu, qui serait composée essentiellement d’éléments venus d’Afrique et d’Asie, avec un soutien indispensable des pays développés, sera déployée pour aider les parties à mettre en oeuvre leur accord de paix, pas pour occuper le pays », insiste-t-il.