Les Nations Unies attendent des améliorations immédiates au Darfour, souligne Jan Eliasson

Onu

Centre De Nouvelles De L'onu, 06 Mars 2007

L'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, Jan Eliasson, a souligné aujourd'hui que le gouvernement du Soudan et toutes les parties au Darfour, signataires ou non de l'Accord de paix d'Abuja, devaient faire la preuve de leur volonté politique de mettre fin au conflit.

« Nous attendons dès maintenant des résultats de la part des parties », a-t-il déclaré devant la presse au sortir du Conseil de sécurité qui se réunissait aujourd'hui à New York à huis clos sur la situation au Soudan.

L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Darfour a rappelé que les Nations Unies avançaient sur un double chemin, le premier concernant une force de maintien de la paix, qui est toujours bloqué dans l'attente d'une réponse du gouvernement du Soudan, le second étant d'accélérer le processus politique.

Lors de son récent déplacement dans le pays, en compagnie de Salim Ahmed Salim, Envoyé spécial de l'Union africaine, Jan Eliasson a indiqué qu'il avait rencontré des représentants du gouvernement ainsi que des mouvements signataires ou non de l'Accord de paix d'Abuja signé au mois de mai 2006.

« Nous espérons rencontrer des représentants du JEM (Mouvement pour la justice et l'égalité) et du NRF (Front de rédemption nationale) lors d'une prochaine visite », a-t-il précisé.

Il a souligné que les parties au conflit devaient réduire le niveau des violences et arriver à une cessation des hostilités, ainsi qu'améliorer l'accès et la sécurité des travailleurs humanitaires.

A cet égard, il a affirmé sentir une « profonde fatigue et un sentiment de frustration » chez ces derniers.

Jan Eliasson a souligné qu'il n'y avait pas eu de bombardements dans le Nord du Soudan depuis le 11 février mais s'est inquiété de la violence tribale qui en revanche est en augmentation.

« Les frontières tracées par les anciennes puissances coloniales ne correspondent pas à la réalité des tribus », a-t-il remarqué, insistant sur la dimension régionale de la crise.

« C'est un problème régional qui tourne en crise régionale », a-t-il déclaré, rappelant que la relation entre le Tchad et le Soudan est fondamentale pour arriver à une solution.

« Même si nous souhaitons que les actions de l'ONU et de l'UA soient centrales, les pays voisins connaissent la région et ont des contacts », a poursuivi l'Envoyé spécial, espérant que les efforts de pays comme l'Erythrée, la Libye ou l'Egypte seront complémentaires de ceux des Nations Unies.

Insistant enfin sur l'extrême complexité d'une situation qui est différente dans chaque partie du Soudan, Jan Eliasson a rappelé que les Nations Unies attendaient toujours une lettre du Président soudanais Omar El-Béchir concernant l'envoi d'une force de maintien de la paix.

« Il existe des frustrations à cet égard au sein du Conseil de sécurité et le Secrétaire général a lui aussi manifesté son impatience », a-t-il rappelé.