Darfour : Ban Ki-moon attend toujours une lettre du président Bashir

Onu

Onu, 06 Février 2007

Annonçant que l'ONU était prête à passer à la phase trois de son déploiement au Darfour, qui permettra une véritable présence sur le terrain, le Secrétaire général a affirmé aujourd'hui à New York qu'il attendait toujours une réponse positive du président soudanais.

« J'ai eu une rencontre très utile et constructive avec le président Omar al-Bashir mais j'attends toujours une réponse positive à ma lettre du 24 janvier », a dit Ban Ki-moon lors d'une rencontre avec la presse, à l'issue d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité au cours de laquelle il a notamment fait un bilan de sa participation au sommet de l'Union africaine au mois de janvier.

« Sur la base de cette réponse, si nous avons un accord clair, nous pourrons procéder à la phase trois » du déploiement de l'ONU, a ajouté le Secrétaire général.

Avant de se rétracter en exigeant des « clarifications », le gouvernement soudanais avait accepté, lors d'une réunion du 16 novembre 2006 avec l'Union africaine et les Nations Unies, le principe d'une force mixte, composée de casques bleus et de personnel de l'Union africaine, en renfort des 7.000 militaires de l'UA déjà déployés.

Le Soudan s'est constamment opposé au déploiement d'une force des Nations Unies dans sa région de l'Ouest du pays, en dépit d'une résolution du Conseil de sécurité en arrêtant le principe et les modalités, adoptée cet été (dépêche du 31.08.06).

Le Conseil de sécurité a donc appuyé en décembre le principe d'une force mixte (dépêche du 19.12.06).

Mais si les deux premières phases ont permis un déploiement limité notamment à une dizaine de conseillers militaires, le Soudan fait toujours obstacle au déploiement total de la force mixte ONU-UA au Darfour, qui prévoit 17.000 militaires et 3.000 policiers.

Au sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba, Ban Ki-moon avait exhorté le gouvernement soudanais et les milices à mettre fin aux violences et aux bombardements dans la région du Darfour, appelant aussi à la relance du processus politique et au déploiement « urgent » d'une force « Nations Unies-Union africaine » sur le terrain (dépêche du 29.01.07).

En réponse à une question de la presse, le Secrétaire général a qualifié son premier mois à la tête de l'ONU de « très actif », soulignant que sa récente visite dans plusieurs pays africains lui avait permis de se faire une idée directe de la situation dans le continent, dont il a fait une de ses priorités.

Il s'est également félicité de sa participation au Sommet de l'Union africaine, qui lui a permis de rencontrer de nombreux dirigeants du continent.