L'ONU recommande l'envoi d'une équipe d'enquêteurs au Darfour

Ap

Ap, 13 Décembre 2006

Le Conseil des droits de l\'Homme des Nations unies a recommandé mercredi l\'envoi d\'enquêteurs internationaux au Darfour, mais n\'a pas condamné le gouvernement soudanais pour les massacres commis dans cette région de l\'ouest du Soudan, théâtre d\'une des plus graves crises humanitaires actuelles.

Réuni en urgence, le conseil composé de 47 pays a adopté une résolution exprimant son \"inquiétude vis-à-vis de la gravité de la situation humanitaire et des droits de l\'Homme au Darfour\".

Le texte appelle également à la création d\'une équipe de cinq \"personnes hautement qualifiées\", accompagnée de l\'expert de l\'ONU sur les droits au Soudan, afin d\'enquêter sur les atrocités commises au Darfour.

Plus de 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions déplacées au Darfour en trois ans de conflit.

La résolution adoptée mercredi n\'évoque par le rôle du gouvernement soudanais, ou des milices janjaweed qu\'il est accusé de soutenir, dans le massacre des populations noires du Darfour.

Les pays européens membres du conseil souhaitaient l\'envoi d\'une mission d\'experts indépendants, mais ont accepté un compromis avec les nations africaines, qui ne voulaient envoyer que des diplomates.

\"Nous ne devons nous épargner aucun effort pour tenter d\'alléger la souffrance du peuple du Darfour et pour empêcher de nouvelles atteintes\" à la population, a déclaré Vesa Himanen, ambassadeur de la Finlande à l\'ONU à Genève, qui s\'exprimait au nom des pays européens.

Vesa Himanen a souligné que le point important du texte résidait dans le fait que le Conseil des droits de l\'Homme s\'était entendu à l\'unanimité et que le gouvernement soudanais s\'était engagé à coopérer.

Au nom de l\'Organisation de la conférence islamique, l\'ambassadeur pakistanais a salué le compromis obtenu mercredi. \"Il doit être appliqué d\'une manière qui permette d\'améliorer la situation sur le terrain\", a-t-il déclaré.

De son côté, Amnesty International \"a condamné la timidité de la résolution qui ne reconnaît pas la complicité du gouvernement soudanais dans les atteintes graves et systématiques aux droits de l\'Homme qui ont cours au Darfour\".

Le Conseil des droits de l\'Homme des Nations unies, qui a remplacé en juin la Commission des droits de l\'Homme, discréditée, avait utilisé ces six premières sessions pour dénoncer le traitement par Israël des Palestiniens. Aucun autre gouvernement n\'a été accusé de violations des droits de l\'Homme.