Critique de «la diplomatie du mégaphone» au Darfour

Agence France Presse

Agence France Presse, 28 Septembre 2006

Le secrétaire général adjoint de l\'ONU, Mark Malloch Brown, a critiqué vendredi la «diplomatie du mégaphone» menée par les États-Unis et la Grande-Bretagne au Darfour dans leur effort de convaincre le Soudan d\'accepter des forces des Nations unies dans la région.

Leur approche est « presque contre-productive» et amène le Soudan à comparer sa propre situation à celles de l\'Irak et de l\'Afghanistan, tous deux envahis au nom de «la guerre contre la terreur», a-t-il déclaré dans un entretien au quotidien britannique The Independent.

Le mois dernier, le Conseil de sécurité de l\'ONU a donné son accord à l\'envoi de 17 000 soldats et de 3 000 policiers au Darfour pour y remplacer la force de l\'Union africaine, mais Khartoum s\'y est opposé.

«Le Soudan ne perçoit pas une communauté internationale unie», a relevé Malloch Brown. «Et cela lui permet de se présenter en victime de la prochaine croisade (des États-Unis et de la Grande-Bretagne) après l\'Irak et l\'Afghanistan».

«C\'est pourquoi Tony Blair et George W. Bush doivent dépasser cette mise en scène et cette grandiloquence», a-t-il ajouté.

«Cette diplomatie du mégaphone émanant de Washington et de Londres - \'vaudrait mieux laisser l\'ONU se déployer car si tu refuses, tu en subiras les conséquences - n\'est pas tenable», a-t-il poursuivi, appelant à un élargissement du nombre de pays participants, comme la Chine, pour faire pression sur le Soudan.

En raison du refus de Khartoum d\'accepter les forces des Nations unies au sein de son territoire, les chefs de l\'Union africaine se sont mis d\'accord pour prolonger le mandat de leur opération jusqu\'au 31 décembre, après avoir reçu des assurances de soutien de la part de l\'ONU et des pays arabes.

Le président soudanais Omar al-Beshir a mis en garde la communauté internationale contre une opération de maintien de la paix qui pourrait, selon lui, empirer la situation dans la région, où au moins 200 000 personnes sont mortes depuis 2003.