Le nouveau poids des pays du Sud s'accompagne d'une nouvelle responsabilité, affirme Kofi Annan à la Havane

Onu

Centre De Nouvelles De L'onu, 15 Septembre 2006

Le Secrétaire général a pris aujourd'hui la parole au 14e sommet du Mouvement des pays non alignés réuni à La Havane, à Cuba, se déclarant « fier » de l'évolution accomplie par le mouvement et rappelant que sa nouvelle influence s'accompagnait de nouvelles responsabilités au niveau international et national.

« Il y 50 ans, lorsque Kwame Nkrumah et ses pairs ont jeté les fondations de ce Mouvement, ils n'auraient pas pu imaginer les changements et les progrès qui façonneraient le monde ? ni le rôle crucial que devaient y jouer nos pays », a déclaré Kofi Annan en référence au père de l'indépendance du Ghana, dont il est ressortissant.

« Alors qu'en son temps le Mouvement des non alignés cherchait à éviter les affrontements de la guerre froide, aujourd'hui nos pays établissent des stratégies pour réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et pour réduire le fossé des inégalités », a-t-il ajouté.

Mais « la taille du Mouvement par elle-même n'assure pas son succès. Une voix plus importante s'accompagne d'une plus grande responsabilité, au niveau international et national », a-t-il estimé.

Le Secrétaire général a insisté sur « la responsabilité d'explorer des façons de mieux coopérer, de forger des positions cohésives et flexibles qui permettront au Sud de mieux participer au sein de la communauté internationale ».

Il a aussi cité la « responsabilité de mettre en oeuvre le principe adopté par tous les gouvernement de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l'humanité ».

« Ce principe a fonctionné au Timor Leste, au Liberia, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo (RDC). Il doit fonctionner de nouveau pour éviter une crise majeure au Darfour », a-t-il souligné.

Kofi Annan a aussi rappelé les gouvernements à leurs obligations envers leur population nationale, de « la lutte contre l'extrême pauvreté à la diffusion du VIH/sida au chômage des jeunes ».

Il faut aussi « mettre fin à la répression des groupes d'opposition et des médias », « prendre des mesures contre la corruption » et « protéger l'environnement », a dit le Secrétaire général, qui a rappelé que dans de nombreux pays développés émergeait « une société civile pleine de vie, une participation forte à la vie publique et une presse active ».

Il a salué les progrès dans le domaine des réformes démocratiques et dans celui des droits de l'Homme, le nombre de pays en développement ayant ratifié les six principales conventions s'étant accru de 50% depuis 1990. Il a aussi salué la place croissante des femmes dans la vie politique. « Dans plus de 50 pays en développement, le pourcentage de femmes députées est plus élevé que la moyenne mondiale », a-t-il fait observer.

Kofi Annan a enfin plaidé pour davantage d'égalité au sein des institutions internationales, réitérant son appel à la réforme du Conseil économique et social de l'ONU, au Conseil de sécurité, qui souffre d'un « déficit démocratique » et du Fonds monétaire international, dont le système de quotas ne permet pas une représentation équitable des pays du Sud.

Il a enfin appelé au renforcement de la libéralisation du commerce et à la suppression des subventions accordées par les pays riches aux dépends des pays pauvres, déplorant l'échec « lamentable » du cycle de Doha.