Darfour : Kofi Annan rappelle la nécessité de l'accord du Soudan pour le déploiement d'une force de l'ONU

Onu

Onu, 05 Septembre 2006

A l'issue d'une rencontre avec le président égyptien à Alexandrie, le Secrétaire général a rappelé aujourd'hui la nécessité du « consentement » et de la « coopération » du gouvernement soudanais pour le déploiement d'une force onusienne au Darfour, alors que le Conseil de sécurité a annoncé la tenue lundi d'une réunion sur la question.

La coopération est « la seule façon de faire fonctionner efficacement » une force de maintien de la paix, a rappelé Kofi Annan, lors d'une conférence de presse donnée en Egypte, faisant écho aux propos tenus hier par le président soudanais sur la force de l'Union africaine (UA).
Khartoum a annoncé lundi que la Mission de l'UA au Soudan (MUAS) devait quitter le pays d'ici la fin du mois de septembre, refusant toujours le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour et du coup « laissant planer la question de ce qui se passera pour les personnes déplacées et les personnes dans le besoin ».
« La communauté internationale a nourri et aidé environ trois millions de personnes dans des camps et ailleurs et, si nous devons partir par manque de sécurité et d'accès à la population, que se passera-t-il ? », s'est demandé le Secrétaire général.

« Le gouvernement devra en assumer la responsabilité et, s'il échoue, il devra répondre à de nombreuses questions devant le reste du monde », a-t-il prévenu.
« J'ai toujours dit que les troupes internationales viendraient pour aider le peuple soudanais, pour aider le gouvernement à protéger la population. Il ne s'agit pas d'une invasion », a-t-il ajouté.
Le président soudanais continue d'opposer sa réticence à ce qu'il considère comme une ingérence de la part de la communauté internationale.
Le Conseil de sécurité a par ailleurs décidé aujourd'hui de reporter à lundi une réunion prévue initialement vendredi sur la question du Darfour, ce qui permettra au Secrétaire général, actuellement en tournée au Moyen-Orient, d'y participer.

Les membres du Conseil ont demandé au gouvernement du Soudan, à la Ligue des Etats arabes et à l'Organisation de la conférence islamique d'envoyer à la réunion des représentants, a précisé son président pour le mois de septembre, Adamantios Vassilakis de la Grèce, lors d'une conférence de presse donnée à New York pour présenter le programme de travail mensuel.
Adamantios Vassilakis n'a pour l'instant reçu aucune réponse du Soudan.
Le Conseil de sécurité a autorisé jeudi le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourrait compter jusqu'à 17 300 soldats et qui serait chargée de relayer la mission de l'UA, pour soutenir l'application de l'accord de paix signé en mai.

Sous-équipée et mal financée, la MUAS, déployée au Darfour depuis 2004, s'est révélée incapable de protéger les populations civiles de la région.
Dans sa résolution 1706, le Conseil invitait le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement (dépêche du 31.08.06).
Commencée en février 2003, la guerre civile au Darfour a déjà fait au moins 200 000 morts et plus de 2 millions de déplacés.

L'accord de paix signé en mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats. L'insécurité et l'impunité continuent de régner au Darfour. Les massacres à grande échelle, les viols et les pillages se poursuivent.
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, craint une « catastrophe humanitaire sans précédent » au Darfour (dépêche du 28.08.06).