Kofi Annan appelle à renforcer la force de l'Union africaine au Darfour à un moment critique

Onu

Onu, 18 Juillet 2006

Lors d'une conférence des donateurs organisée aujourd'hui à Bruxelles, le Secrétaire général de l'ONU a appelé la communauté internationale à engager des fonds supplémentaires pour renforcer la force de l'Union africaine (UA) au Darfour, rappelant qu'il était critique d'agir maintenant pour sauver l'accord de paix.

« Nous sommes ici pour s'assurer que l'Union africaine a les ressources dont elle a besoin pour continuer sa mission cruciale au Darfour. La vie de plusieurs milliers d'enfants, de femmes et d'hommes dépend du résultat de nos efforts », a déclaré Kofi Annan, dans un discours prononcé à la conférence internationale des donateurs en faveur de la Mission de l'UA au Soudan (MUAS).
La Mission, forte de 7 000 hommes, a été déployée en 2004 pour protéger les populations civiles au Darfour. Depuis lors, le Secrétaire général appelle à son renforcement à la fois en ressources et en troupes alors que les « massacres à grande échelle » continuent dans la région (dépêche du 14.06.07).
« LA MUAS doit être mieux équipée afin de pouvoir accomplir sa tâche qui est cruciale. Si tel n'est pas le cas, l'accord de paix sera mis en péril », a souligné Kofi Annan dans son allocution.

« C'est pourquoi nos promesses aujourd'hui sont vitales – et c'est pourquoi elles devront se traduire, très vite, en dons », a-t-il insisté.
Le Secrétaire général a aussi rappelé que la tâche de la MUAS était « multiple et complexe ». Il s'agit non seulement de protéger les populations civiles face aux attaques des milices pro-gouvernementales et, de plus en plus, des groupes rebelles mais aussi de faire respecter l'accord de paix, de surveiller le cessez-le-feu et de répondre à ses violations.
Un accord de paix a été signé le 5 mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et les groupes rebelles mais la violence continue dans la région.
Certains des groupes rebelles ont cependant refusé de signer. De nombreuses personnes sont très anxieuses face à certaines dispositions de l'accord, a rappelé Kofi Annan.

Le Secrétaire général a aussi fait savoir que le président du Soudan l'avait assuré, lors du sommet de l'UA à Banjul, de son intention de mettre en oeuvre l'accord de paix.
Kofi Annan a enfin rappelé que le renforcement de la MUAS était une solution à court terme.

A plus long terme, le déploiement d'une mission de maintien de la paix de l'ONU qui remplacerait la MUAS est envisagée. Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix espère déployer une force au mois de janvier, forte de trois brigades, comprenant chacune trois à cinq bataillions, soit 17 000 hommes (dépêche du 27.06.06).

« La force de maintien de la paix des Nations Unies – qui sera formée essentiellement de contingents d'Afrique et d'Asie, avec un soutien supplémentaire et nécessaire de pays développés – viendra au Darfour non pas pour occuper mais pour aider », a réaffirmé Kofi Annan à Bruxelles.
« J'ai toujours l'espoir que nous obtiendrons la coopération et le soutien du gouvernement soudanais à cette force, parce que nous y allons pour aider le gouvernement, pour les aider à protéger leur propre population », a ajouté le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse donnée en marge de la conférence des donateurs.
Le président Béchir est pour l'instant opposé au déploiement d'une telle force.
Kofi Annan a cependant fait remarquer que Khartoum avait « l'habitude » de coopérer avec l'ONU. Plus de 10.000 casques bleus sont en effet déjà déployés pour une mission de maintien de la paix dans le sud du pays, commencée en 2005, après un accord de paix mettant fin à plus de 20 ans de guerre entre le nord et le sud.
Le conflit du Darfour qui a démarré en 2003 a déjà fait au moins 200 000 morts et plus de 2 millions de déplacés.