Le Darfour devient plus dangereux chaque jour, prévient l'ONU

Redaction

Afp, 30 Novembre 2008


La région du Darfour, en proie à une guerre civile, devient chaque jour de plus en plus dangereuse, a alerté dimanche le responsable de l'ONU pour l'aide humanitaire, appelant à des progrès rapides vers un règlement politique entre les rebelles et le gouvernement soudanais.

"Plus le conflit dure, plus il devient dangereux en terme de capacité à revenir à la normalité antérieure", a déclaré à Khartoum John Holmes, coordinateur de la mission humanitaire de l'ONU, à l'issue d'une visite de six jours au Soudan.

Le conflit au Darfour (ouest du Soudan) a débuté en février 2003, quand des rebelles ont pris les armes contre le régime islamiste du président soudanais Omar el-Béchir. Depuis, la rébellion a éclaté en une myriade de groupes, rendant difficile un règlement pacifique du conflit, qui a fait jusqu'à 300.000 morts selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Egalement selon l'ONU, 4,7 millions de personnes reçoivent de l'aide humanitaire au Darfour, sur une population de 6 millions. Quelque 2,7 millions de déplacés ont été enregistrés dans des camps, le mois dernier.

"La situation n'a pas vraiment changé en 5 ans", a ajouté M. Holmes, qui déplore même "une aggravation dans les camps".

"Le climat est de plus en plus politique et difficile pour mener des opérations (...) et dénouer la situation", a-t-il alerté.

La sécurité au Darfour s'est considérablement détériorée en 2008 selon l'ONU. Onze travailleurs humanitaires sont morts et 170 ont été victimes de prise d'otages, alors que 172 attaques ont été perpétrées contre des locaux humanitaires.

Durant les neuf premiers mois de l'année, l'ONU n'a eu accès qu'à 65% du Darfour, et les travailleurs humanitaires ont dû être déplacés 10 fois, entraînant des retards d'assistance à près de 500.000 personnes.

"Surtout, ce qu'il faut au Darfour, c'est un progrès rapide au niveau politique, il faut un accord politique (...). C'est la condition sine qua non pour réaliser des progrès au niveau du développement au Darfour", a averti le responsable de l'ONU.

Le 12 novembre, Omar el-Béchir a appelé à un cessez-le-feu au Darfour, mais la violence continue sur le terrain.

"Il est très important que les rebelles décrètent également un cessez-le-feu de façon à ce que (...) le travail humanitaire puisse être fait dans la sécurité et la paix", a affirmé M. Holmes.

Le responsable onusien a décrit la trêve comme "une part importante" des efforts politiques effectués par le médiateur de l'Union africaine et de l'ONU, Djibril Bassole, et par le Qatar.

"J'espère que les processus actuellement en cours produiront des résultats en 2009", a-t-il déclaré.