Darfour : la MINUAD confrontée à une guerre

Onu

Centre Des Nouvelles De L'onu, 08 Février 2008

Lors d'un exposé vendredi au Conseil de sécurité, Jan Eliasson, Envoyé de l'ONU pour le processus de paix au Darfour et Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix ont alerté sur le danger du déploiement de l'Opération hybride UA- ONU au Darfour (MINUAD) sur fond de guerre.

M. Eliasson a déclaré que la situation sur le terrain "est préoccupante".

"Nous avons les événements au Tchad et leur ramification sur le Darfour, mais aujourd'hui même nous avons eu la nouvelle d'attaques contre des villages dans l'ouest du Darfour", a-t-il indiqué.

"Il s'agirait d'une opération de grande ampleur, appuyée par des hélicoptères et des avions qui ont procédé à des bombardements ", a précisé lors de la réunion Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

M. Guéhenno, qui revient d'une visite sur le terrain, a rappelé que la MINUAD restait sous équipée, mais qu'elle faisait son possible, en accroissant sa visibilité.

"Il y a en réalité une sorte de guerre dans l'Ouest du Darfour : offensives et contre-offensives", a-t-il dit.

"Il est très dangereux pour une mission de maintien de la paix de se déployer pendant une guerre", a-t-il affirmé.

Il y a maintenant 9.000 membres de la MINUAD sur le terrain, alors que le calendrier prévoyait 20.000 soldats et policiers, a déploré Jean-Marie Guéhenno.

Ils ont également appelé les pays qui ont l'influence nécessaire à peser sur le Tchad et le Soudan pour qu'ils normalisent leurs relations.

Ils ont aussi appelé le Conseil de sécurité à exiger "une cessation immédiate des hostilités".

"La situation est hors de contrôle", a déclaré M. Eliasson, qui a rappelé que les négociations de paix ne pouvaient pas se poursuivre dans un climat d'affrontements.

"Nous avons fait des progrès pour obtenir l'unification des mouvements, notamment dans leurs préparatifs pour les pourparlers. Mais dans le contexte d'une recrudescence des combats, notre travail sera très difficile", a-t-il dit.

Par ailleurs, l'envoyé de l'ONU a exprimé la nécessité d'un seul représentant conjoint de l'ONU et de l'Union africaine lors des négociations sur le fond, qui parle d'une seule voix et qui se trouve sur le terrain en permanence. Le Secrétaire général de l'ONU et le président de l'Union africaine sont à la recherche d'une telle personne, a-t-il précisé.