ONU: réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur le Tchad

Redaction

Afp, 03 Février 2008

ONU: réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur le Tchad
NEW YORK (Nations unies) - Le Conseil de sécurité des Nations unies va tenir une réunion d'urgence dimanche après-midi sur le Tchad, a-t-on appris de source diplomatique.

La réunion de consultations doit commencer à 16H30 (21H30 GMT), a-t-on précisé de même source.

Des combats, qui avaient commencé samedi, se sont poursuivis dimanche entre l'armée et les rebelles tchadiens au coeur de N'Djamena, théâtre d'incendies et de pillages, poussant ses habitants à quitter la capitale tandis que l'armée française procédait à l'évacuation des étrangers.

La rébellion tchadienne a toutefois affirmé dans la soirée s'être installée à la sortie est de N'Djamena pour laisser aux civils le temps de quitter le centre-ville, avant de repasser à l'offensive.

L'incursion des rebelles dans N'Djamena a fait suite à cinq jours de progression rebelle qui n'a pas rencontré beaucoup de résistance, à partir de ses positions dans l'est du pays et au Darfour, province du Soudan voisin où les rebelles ont leurs bases arrières.

L'offensive rebelle, la plus importante de ces dernières années, coïncide avec le lancement d'une force européenne (Eufor Tchad-RCA) censée protéger les réfugiés soudanais du Darfour, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine.

L'Eufor doit déployer d'ici mai quelque 3.700 militaires, dont 2.100 Français, 400 Irlandais et 400 Polonais.

Simultanément, une force mixte de l'ONU et de l'Union africaine (UA), la Minuad, qui doit compter à terme 20.000 soldats et 6.000 policiers, a commencé le 1er janvier à se déployer au Darfour mais ce déploiement rencontre de grosses difficultés logistiques et administratives. Pour l'instant, seuls 9.000 hommes sont sur place.

Les rebelles tchadiens se sont alliés à la mi-décembre sous la pression du Soudan, selon des experts. Khartoum souhaite notamment, selon ces experts, perturber le lancement de l'Eufor Tchad-RCA.

Le Soudan a nié dimanche toute implication: "Ce qui se passe au Tchad est une affaire interne et nous n'avons rien à y voir. Nous souhaitons que la situation se calme dans ce pays et continuer à avoir des relations de bon voisinage" avec le Tchad, a déclaré le ministre d'Etat soudanais aux Affaires étrangères, Sammani al-Wassila.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui se trouvait au Kenya, avait condamné le recours à la force pour s'emparer du pouvoir et appelé les protagonistes de la crise tchadienne à respecter les accords de paix qu'ils ont signés.