Le calvaire des enfants-soldats persiste au Soudan, selon un rapport de l?ONU

Redaction

Ap, 15 Septembre 2007

Nombre d'enfants continuent à être recrutés pour le combat et à subir toutes sortes de violations de leurs droits au Soudan: massacres, enlèvements, viols et violences sexuelles diverses restent répandus, en particulier dans la province du Darfour, selon un nouveau rapport de l'ONU.

"Les graves violations des droits de l'enfant au Soudan se poursuivent à un niveau important, même si la situation montre de modestes signes d'amélioration", affirme le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en présentant ce rapport jeudi soir au Conseil de sécurité.

Le grand nombre de groupes armés opérant au Soudan (plus de 30), les fréquents changements d'alliances et la fragmentation de ces groupes rendent difficile l'identification précise des entités responsables et de la nature des violations des droits humains, observe Ban Ki-moon.

Le rapport épingle cependant les Forces armées soudanaises et la police, ainsi que plus d'une douzaine de groupes s'étant livrés à des violations des droits de l'enfant entre juin 2006 et juin 2007.

Au Darfour, où la situation est difficile à évaluer, Ban Ki-moon fait état d"'informations crédibles" selon lesquelles l'armée régulière et au moins sept groupes de la rébellion recrutent et utilisent des enfants.

Au Sud-Soudan, où un traité de paix est censé avoir mis fin à 21 ans de guerre civile en 2005, l'Armée de libération des peuples du Soudan (APLS) a réalisé "des progrès substantiels" en rendant la liberté à des enfants-soldats, note Ban Ki-moon.

Mais l'ONU a pu confirmer que des enfants collaborent toujours avec l'APLS: ils ont 16 ans en moyenne et le plus jeune serait âgé de neuf ans, a-t-il nuancé.

Il a également précisé que la Force de défense Pibor, groupe auparavant allié à l'armée régulière, a enrôlé au moins 78 enfants, dont le plus jeune est un petit garçon de six ans, sans que l'on sache où ils se trouvent. Selon d'autres témoignages, les forces du général Gabriel Tang Ginye, alliées aux forces armées soudanaises, ont enrôlé quelque 70 jeunes, dont des enfants des rues, pendant les affrontements à Malakal fin novembre.

Au Darfour, certains de ces enfants, interrogés par les observateurs de l'ONU, ont raconté combattre dans le Jebel Mara oriental depuis trois ans. D'autres enfants, dont certains n'avaient que 12 ans, ont été identifiés combattant dans les rangs de l'Armée de libération du Soudan (ALS), et 13 dans ceux du Mouvement pour la Justice et l'Egalité.

Au cours de l'année examinée par le rapport, on a eu confirmation de la mort de 62 enfants dans les combats au Darfour, d'autres informations non-confirmées faisant état du décès de 110 autres.

En outre, "le viol est généralisé et utilisé comme arme de guerre" au Darfour, ajoute Ban Ki-moon, et les filles visées de plus de plus jeunes, les garçons n'étant pas à l'abri de ces pratiques (cinq sur les 62 cas confirmés de viols rapportés sur l'année).