Arche de Zoé: la presse française dénonce les "cafouillages" de Paris

Redaction

Afp, 31 Octobre 2007

La presse française n'hésite pas à mettre en cause la responsabilité du gouvernement dans le "scandale" de l'Arche de Zoé, plusieurs éditoralistes dénonçant les "cafouillages" de la diplomatie française.
"Dans ce triste épisode, la France est apparue embrouillée, à court d'explications convaincantes, incapable d'agir efficacement en amont. Bref, coupable au minimum de négligence", accuse Le Monde dans son éditorial.
Le journal du soir note aussi que "les déboires au Tchad de L'Arche de Zoé tombent au pire moment pour le gouvernement, qui va devoir justifier son action - ou son inaction", soulignant que "le soutien logistique apporté par l'armée de l'air ne fait aucun doute".

"Le scandale de L'Arche de Zoé pose la question de la capacité d'intervention diplomatico-militaire de Paris", déplore le journal.
Dans Libération, François Sergent s'interroge: "Si une ONG dérape, pourquoi les autorités françaises et surtout le Quai d'Orsay, dirigé pourtant par un ancien humanitaire, ont-ils finalement laissé faire, permettant même à des avions de l'armée française de transporter ces Français aujourd'hui mis au pilori?"

Et de répondre: "A croire qu'ils veulent nier leurs propres responsabilités."
Même analyse de Frank De Bondt dans Sud-Ouest: "L'échec grotesque de l'ONG et le risque d'avoir à gérer ce qui s'apparenterait à une nouvelle affaire d'otages n'en rendent que plus impardonnables les cafouillages de notre diplomatie".

Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Jean-Claude Kiefer estime lui aussi que "les autorités savaient, ou du moins, se doutaient de quelque chose".
Moins catégorique, La Nouvelle République du Centre-Ouest, par la plume de Hervé Cannet, juge qu'il est "difficile d'éclaircir les nombreux mystères de cette opération et d'établir les fautes et les responsabilités réelles".
Patrick Fluckiger, de L'Alsace, note "la pénible impression que Paris force sur les qualificatifs pour ne pas perdre le soutien de N'Djamena dans le déploiement prochain de la force européenne à la frontière du Soudan".
Une attitude dénoncée par Jules Clauwaert dans Nord-Eclair: "Les traiter aujourd'hui en "pieds nickelés" inconscients, est un peu facile (...) Ne tirons pas sur les ambulances".