L'émissaire de l'Onu au Darfour parle d'"heure de vérité"

Redaction

Reuters, 11 Octobre 2007

L'émissaire de l'Onu pour le Darfour a invité toutes les factions rebelles à participer aux pourparlers de paix inter-soudanais prévus à compter du 27 octobre en Libye pour mettre fin aux violences dans cette province occidentale du Soudan voisine du Tchad.

"Passer à côté de cette occasion serait une tragédie - l'heure de vérité est arrivée", a déclaré à Khartoum Jan Eliasson en qualifiant la situation sur le terrain de "profondément alarmante".

"L'escalade militaire est une source de grande inquiétude", a-t-il confié à des journalistes.

"N'avons-nous pas été le témoin de suffisamment de violences et de désespoir ? Ne voyez-vous pas qu'on assiste actuellement à la destruction complète du tissu social au Darfour ? Est-ce que c'est vraiment cela que nous voulons perpétuer ?", s'est-il interrogé.

Pour l'émissaire de l'Onu, la priorité des discussions prévues en Libye sera de négocier un cessez-le-feu. "La première mesure très concrète (...) que nous tenterons d'obtenir et que nous obtiendrons, espérons-le, sera un arrêt crédible des hostilités", a-t-il souligné.

PREALABLES

Le Darfour est depuis début 2003 le théâtre d'une guerre civile et d'exactions à grande échelle qui, selon les Nations unies, ont fait 200.000 morts et déraciné 2,5 millions de personnes dans cette région semi-désertique grande comme la France.

Le gouvernement de Khartoum, accusé d'armer et de soutenir des milices arabes "djandjaouides" qui sèment la terreur parmi les populations négro-africaines, dément et évoque un bilan d'à peine 9.000 morts depuis quatre ans et demi.

Un certain nombre de responsables de la dizaine de factions rebelles du Darfour menacent de boycotter les pourparlers du 27 octobre en posant comme préalable la participation d'une seule délégation du Mouvement pour l'égalité et la justice (JEM) et d'une seule de l'Armée de libération du Soudan (SLA).

Pour l'émissaire de l'Onu, poser des préalables est une démarche dangereuse.

De son côté, Abdel Wahid Mohamed el Nour, fondateur de la SLA aujourd'hui exilé en France, n'a pas l'intention de se rendre en Libye pour négocier avec le gouvernement de Khartoum avant le déploiement au Darfour de la "force hybride" Onu-Union africaine que le Conseil de sécurité tarde à envoyer sur le terrain.