Un des principaux chefs rebelles du Darfour menace de boycotter les pourparlers de Tripoli

Redaction

Presse Canadienne, 06 Octobre 2007

Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour l'égalité et la Justice (JEM), un des principaux mouvements rebelles du Darfour, a menacé samedi de boycotter les pourparlers de paix qui s'ouvrent le 27 octobre à Tripoli (Libye) si les médiateurs internationaux ne réussissent pas à convaincre un autre mouvement rebelle, la SLA, de réunifier ses factions dissidentes.

"Il ne doit y avoir que trois parties à Tripoli: le JEM, la SLA (Armée de libération du Soudan) et le gouvernement" de Khartoum, a-t-il déclaré à l'Associated Press, via téléphone-satellite depuis le Darfour.

La participation du JEM, du fait de sa puissance militaire, est jugée cruciale pour tout succès de ces pourparlers destinés à mettre un terme à la guerre qui ravage depuis quatre ans l'ouest du Soudan.

Selon Ibrahim, les médiateurs de l'ONU et de l'Union africaine traînent à organiser les pourparlers et à déterminer quels mouvements de la rébellion doit y participer. Le JEM ne veut pas discuter avec des factions multiples disposant d'un faible soutien, a-t-il ajouté.

Le précédent accord au Darfour, en mai 2006, n'a pas ramené la paix, principalement car il fut signé par un seul chef rebelle, Minni Minawi. Chef de la principale faction de la SLA, qui en compte des dizaines, il a depuis perdu beaucoup de son crédit et de ses partisans depuis la signature de l'accord et son entrée au gouvernement.

Selon les observateurs, le JEM compte moins de combattants que les dizaines de groupes de la SLA quand ils se rassemblent. Mais il est capable d'organiser des coalitions qui ont à maintes reprises défait les forces gouvernementales.

Un autre important dirigeant de la rébellion, Abdul Wahid Elnur, fondateur de la SLA, avait lui aussi déjà refusé d'aller à Tripoli. Il ne sera prêt à négocier que lorsque la force "hybride" ONU-UA de 26.000 se déploiera pour protéger les civils.

S'il est considéré comme ayant perdu beaucoup de contrôle sur les factions armées et si les médiateurs disent que les pourparlers s'ouvriront sans lui, Elnur reste un pivot de la crise car il est considéré comme l'homme disposant du plus important soutien populaire: sa tribu, les Four, est la plus nombreuse de la région, à laquelle elle a donné son nom.

Et plusieurs observateurs, dont l'ancien président américain Jimmy Carter et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu ont souligné que les populations civiles, et pas seulement les factions armées, devaient être représentées à Tripoli.