Les forces africaines veulent punir les auteurs de l'attaque du Darfour

Redaction

Afp, 01 Octobre 2007

La mission de l'Union africaine au Soudan (Amis) s'est déclarée lundi déterminée à identifier et faire juger les auteurs du raid sanglant qui a fait dix morts dans ses rangs au Darfour.

"L'enquête est en cours et ses conclusions seront rendues publiques. Les auteurs de cette attaque seront durement sanctionnés", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'Amis à Khartoum, Noureddine Mezni.

Selon un dernier bilan, 10 hommes ont péri 8 ont été blessés et 40 sont portés disparus après la pire attaque subie, samedi, par l'Amis depuis son déploiement à l'été 2004 dans cette région de l'ouest du Soudan, en proie à la guerre civile.

Le chef de l'Amis et futur patron de la mission hybride afro-onusienne, Rodolphe Adada, s'est rendu lundi à Al-Facher, le principal quartier général de la force africaine, dans le nord du Darfour pour suivre personnellement l'enquête, a indiqué M. Mezni.

Les disparus sont 36 membres de la force de protection de l'Amis, 3 observateurs militaires et un policier.

Le nombre total des disparus s'élevait initalement à 57 mais 17 d'entre eux ont été retrouvés dans une localité du nord Khordofan, province située au sud du Darfour, selon l'Amis.

L'attaque sans précédent menée par un groupe lourdement armé encore non identifié s'est déroulée dans un camp de l'Amis tenue par une compagnie du Nigeria, dans le sud du Darfour.

Les survivants du camp, où étaient cantonnés 157 personnels, ont été tous évacués sur Al-Facher. L'installation a été "totalement détruite" et des véhicules et équipements ont été dérobés.

L'armée soudanaise, qui a accusé des rebelles de l'attaque, s'est déployée en force dans la localité de Haskanita.

L'attaque lancée à moins d'un mois des négociations de paix prévues en Libye sous l'égide de l'Union africaine (UA) et des Nations unies a été condamnée par les deux organisations dans les termes les plus vifs.

Mais aussi bien l'ONU que l'UA se sont dites déterminées à poursuivre la recherche de la paix dans cette région en guerre civile depuis 2003.

Le président de la Commission de l'UA, Alpha Omar Konaré, dans un communiqué reçu lundi à Khartoum, a déclaré que "cet acte lâche et haineux ne va pas affecter la détermination de (son organisation) à apporter la paix et d'alléger les souffrances du peuple du Darfour, y compris avec un déploiement rapide d'une force afro-onusienne".

Cette force dite hybride, forte de 26.000 soldats et policiers, aura, a-t-il souligné, la capacité et les moyens d'accomplir sa mission conformément à la résolution 1769 du Conseil de sécurité de l'ONU.

C'est l'incapacité du contingent africain, formé de 7.000 hommes mal armés et mal financés, à contrôler la violence sinon à ramener la paix au Darfour qui a amené la communauté internationale à décider de l'envoi d'une nouvelle force qualifiée de "robuste".

Ce n'est pas la première fois que l'Amis est attaquée. Début avril, cinq soldats sénégalais avaient péri dans un raid attribuée à la faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM) conduite par Minni Minawi, pourtant la seule à avoir signé la paix avec le gouvernement en 2006.

Mais jusqu'ici aucune sanction n'a été prise contre le groupe très présent dans les zones qu'il contrôle.

Le conflit au Darfour, opposant depuis 2003 les forces gouvernementales et leurs alliés --des miliciens arabes appelés Janjawid--, aux rebelles de souche africaine, a fait quelque 200.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, selon des organisations internationales.

Khartoum conteste ce chiffre, parlant de 9.000 morts, ainsi que celui des déplacés dans une région aussi vaste que la France et peuplée par quelque six millions de personnes.