Un chef rebelle du Darfour affirme qu'il n'ira pas négocier à Tripoli

Redaction

Romandie News, 19 Septembre 2007

Une figure clé de la rébellion au Darfour (ouest du Soudan) Abdel Wahid Mohammed Nour, en exil à Paris, a affirmé mercredi à l'AFP qu'il ne se rendrait pas aux négociations de paix avec le gouvernement de Khartoum, le 27 octobre en Libye.

"Je n'irai pas à Tripoli", a déclaré M. Nour, chef d'une des factions du SLM (Mouvement de libération du Soudan). "Sans la sécurité sur le terrain, je ne négocierai jamais, et je ne répèterai pas Abuja", a-t-il ajouté, faisant allusion à l'accord signé en mai 2006 entre le gouvernement soudanais et un autre groupe rebelle dans la capitale nigériane.

"Ce processus (d'Abuja) a échoué, il n'y a pas de sécurité", a-t-il dit.

M. Nour avait déjà boycotté une rencontre début août en Tanzanie des groupes non-signataires d'Abuja afin d'établir un programme commun en vue des négociations avec Khartoum.

Abdel Wahid Mohammed Nour a jugé que la récente proposition du président soudanais Omar el-Béchir d'un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix à Tripoli n'était que de la "propagande médiatique".

Pour le chef rebelle, seule une force de l'ONU peut ramener le calme sur le terrain. "Les soldats doivent venir du monde entier, d'Europe, d'Australie, d'Amérique...", a-t-il estimé.

Or, la majorité des contingents de la force hybride Union africaine/ONU (26.000 hommes), qui doit être déployée en 2008 au Darfour, est issue de pays africains, comme l'avait demandé Khartoum.

"Les populations ont perdu confiance en l'Union africaine", dont les soldats manquent notamment "d'expérience", a assuré M. Nour, faisant allusion à l'actuelle mission de l'Union africaine au Soudan (Amis), composés de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces.

La guerre civile au Darfour a fait 200.000 morts depuis février 2003 et plus de deux millions de déplacés, selon l'ONU. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de 9.000 morts.